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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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SECOND MÉMOIRE. l8l

nid, et se nourrit des semences au mois d’Octobre,qui est le tems de leur maturité.

Voici ce qu’en dit le Page duPratz, voyageur àla Louisiane , auteur assez exact, mais qui n’est pasbotaniste:

Le cyprès de la Louisiane , ou cypre , est, aprèsle cèdre, le bois le plus précieux; quelques-uns ledisent incorruptible : s’il ne l’est pas, il faut du moinsune longue suite d’années pour le pourrir. L’arbre quel’on a trouvé en terre à vingt pieds de profondeur,près de la Nouvelle-Orléans , était un cypre; il n’étaitpoint corrompu. Cependant si, en cent ans, la terrede la basse-Louisiane est augmentée de deux lieues ,il fallait qu’il fût enterré depuis plus de douze siècles.

L’arbre s’élève extrêmement droit et haut, et ac-quiert une grosseur proportionnée. On en fait com-munément des pirogues d’un seul tronc , d’un pouceet plus d’épaisseur, qui portent des trois et quatremilliers ; il s’en fait encore de plus grosses. Un deces arbres , cru au Bàtou-rouge ( habitation françaiseà vingt-six lieues au-dessus de la Nouvelle-Orléans ),portait douze brasses de tour et une hauteur tout-à-fait extraordinaire. Le cypre a peu de branches , sesfeuilles sont longues et menues , et l’on voit sortir deson pied des côtes qui lui servent de contre-forts, etqui sont saillantes quelquefois d’un pied et demi.Sonbois est d’nne belle couleur tirant sur le rouge ; il esttendre , léger , uni et doux ; le fil en est droit, et lespores en sont fins. Tl ne se fend point de lui-même,mais seulement et sans peine sons l’outil de l’ouvrier;et quoiqu’employé presque vert, il ne travaille ja-mais. Enfin c’est un bois qui se prête à tout ce qu’ondemande de lui. Au reste, cet arbre se renouvelled’une manière particulière : quelque temsaprès qu’onl’a coupé, on voit sortir de ses racines un jet de laforme d’un pain de sucre , qui a toujours en grosseurle quart de sa hauteur. 11 s’élève ainsi, sans pousseraucune branche , quelquefois jusqu’au-delà de dix