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1/2 (1807) Mémoires sur l'administration forestière et sur les qualités individuelles des bois indigènes ou qui sont acclimatés en France : auxquels on a joint la description des bois exotiques que nous fournit le commerce : ouvrage utile aux propriétaires qui veulent se ménager de la futaie, juger avec précision de l'âge auquel ils doivent couper leurs forêts, et connaître l'emploi le plus avantageux des différentes espèces d'arbres, d'après leurs qualités déterminées par un grand nombre d'observations et d'expériences nouvelles / par P.C. Varenne-Fenille
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182 qualités comparées des bois.

pieds, et c’est par la tête qu’il se développe , sanspousser ni feuilles ni branches.

Le cypre était fort commun à la Louisiane ; maison l’a si peu ménagé, qu’il est devenu un peu rare.On l’abattait pendant la sève pour avoir l’écorce,dont on couvrait les maisons par pièces de six piedsde longueur, et l’on sciait le bois en planches quel’on portait vendre hors du pays de côté et d’autre.

Je viens de dire , continue le Page du Pratz , queles pirogues , qui sont d’un grand usage dans ce pays,se faisaient d’un seul tronc de cypre. Pour faire unepirogue , on jette à bas un arbre convenable , quel’on fait tomber sur un lit de bois et de cannes; onmet ensuite dessus le côté de l’arbre qui doit faire ledessous de la pirogue ; on fait dans le milieu un traitde ligne , et un autre trait de chaque côté sur le bord,à distance égale, après quoi on façonne le dessouset les deux bouts de la pirogue ; l’on fait encore dansle dessous, avec une tarière , des trous d’une pro-fondeur pareille à l’épaisseur que doit avoir la pi-rogue. On tourne l’arbre dans le sens où serait la pi-rogue si elle flottait; on dresse le dessus, puis oncreuse l’arbre, en observant de n’ôter du bois quejusqu’aux trous de tarière qui marquent l’épaisseurdu tond de la pirogue. Ces trous se bouchent avecdes chevilles quand la pirogue est achevée.

On avait proposé à M. d’Artaguette d’Iron , à quiappartenait la concession du Bâton-rouge, de lui faireune pirogue de quatorze tonneaux , ou du port devingt-huit milliers, pour son cypre de Bâton-rougedont on vient de parler, et l’ouvrier qui lui faisaitcette proposition , espérait pour ses peines en avoirune'de seize tonneaux dans l’autre moitié de l’arbre ;cet arbre , mis en deux bateaux d’une seule pièce,eût donc porté soixante milliers.

Le P. Charlevoix, jésuite , dans son Histoire de laNouvelle-France, parle aussi du cyprès distique,