SECOND MÉMOIRE. 2Ï9
une flèche ou un filet entièrement cylindrique. Celan’est point arrivé. Cette branche, que depuis quatreans je tiens dans la même situation , quoique vigou-reuse , n’a constamment donné que des rejets hori-zontaux chargés de feuilles rangées dans la formesemi-cylindrique.
Mais , en 1790 , je m’apperçus que des aissellesdes branches latérales supérieures , et en particulierde la branche que j’avais forcée pour qu’elle prît uneposition verticale, il avait poussé à travers l’écorcetrois petites flèches assez maigres , à feuilles verticii-lées , et qui, dans le cours de i’année 1790 , ne s’éle-vèrent qu’à trois ou quatre pouces au plus. La poussea été plus forte en 1791 , et plus forte encore en 1792,au point de surpasser déjà l’élévation de la branchelatérale que j’ai relevée. Je n’ai laissé subsister quela flèche la plus vigoureuse ; je conservai néanmoinsla branche latérale que j’ai relevée, pour en observerle grossissement comparativement avec celui de laflèche nouvelle.
Les picéa ont aussi une flèche , et de même qu’ausapin le bouton du milieu est plus renflé ; mais lesfeuilles des branches latérales du picéa n’affectentpoint la forme serai-cylindrique , et je crois qu’ilcourt moins de risques que le .sapin , lorsqu’un acci-dent lui enlève sa flèche. Je viens d’en faire l’essai surdeux jeunes picéa.
J’ai déjà observé, en parlant du mélèze, que lebouton qui doit produire la flèche servant au prolon-gement du tronc , était excessivement tardif, et ne sedéveloppait que près d’un mois après que l’arbreétait entièrement fouillé. Le bouton unique de laflèche du sapin est aussi un peu plus lent à se déve-lopper que les boutons latéraux. Mais ce qui le ga-rantit encore des effets des gelées du printems, estune calotte coriaeée qui enveloppe pendant fort long-tems le paquet de ses feuilles naissantes.