SECOND MÉMOIRE. 225
elle ne coûte pas la dixième partie des frais qu’en-traîne la plantation des autres arbres. Son bois , débitéen planches et en volichcs , peut être employé à beau-coup d’ouvrages légers. J 1 est blanc , dit Miller ; monéchantillon n’a cette couleur que près de l’aubier ; lecœur est d’un rouge pâle mêlé d’une petite teinte dejaune. Il ressemble beaucoup au bois d’aune et àcelui du marseau, avec cette différence cependant queles pores du saule sont un peu plus apparens. Le grainen est uni et homogène ; il se travaille aisément,même au tour. Je n’ai pu jusqu’à présent me pro-curer un saule assez grand et assez sain pour con-naître et comparer sa force et son élasticité. J’en suisd’autant plus fâché, que l’arbre croît très-vite, etque la souplesse de sa fibre annonce qu’il ne doit pasêtre cassant, et qu’on l’emploierait utilement à de lapetite charpente.
L’expérience peut seule nous instruire à cet égard;car il faut bien se garder de conclure , sans examen,que dans les bois la faiblesse soit une suite nécessairede la légèreté ; et je crois que si l’on voulait compare^ce que vaudrait un saule non étêté à l’âge de trenteans, et ce qu’il aurait rendu comme têtard pendantle même espace de tems, on trouverait de l’avan-tage à ne pas l’étronçonner. M. le baron de Poéderlé,associé étranger de la société royale d’agriculture,nous apprend que , dans les environs de Gand et deBruges , « on élève beaucoup de saules sans les été-» ter , et qu’on les vend plus cher que le chêne , par» l’usage qu’on en fait pour des cabestans , pour les» flûtes et les bélandres ». ( Feuille du Cultivateurdu 23 Juin 1792.)
L’arbre qui m’a servi était jeune et sain , quoiqu’ileût été étronçonné. Son bois pesait, vert, 67 livres12 onces 4gros; étant sec, il ne pèse plus que 27 livres6 onces 7 gros par pied cube. Le parallélipipède desix pouces d’équarrissage a fait retraite de deux lignesdeux tiers sur chaque face; il s’est fait quelquesa i5