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Tome premier.
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28 DISCOURS d’ouverture.

on vous dira que nos armées ont moins besoinque d’autres d’être conduites par d’habiles offi-ciers ; et que si des voisins nous ont devancésdans l’institution d’une école d’état-major, c’estqu’ils en ont eu un besoin plus pressant, poursuppléer au peu d’aptitude de leurs officiers et àla stupidité de leurs soldats.

Sans doute nos soldats, gens spirituels, sontune pépinière d’officiers.; sans doute nos arméesont vaincu avant qu’il y eût une école pour l’ins-truction des officiers de leur état-major ; sansdoute nos états-majors, tirés au hasard des corpsde troupes, ont conduit les Français à la victoire;je dirai plus : nos soldats pendant plusieurs cam-pagnes sont allés à la victoire, pour ainsi dire, sanslesétats-majors. Tous ces faits sont vrais; mais nousqui sommes réunis ici pour parler le langage de laraison , nous nous tenons en garde contre les sé-ductions de l’enthousiasme, et nous voyons, à côtédfinnombrables succès , des revers déplorables ,suite de fautes graves que de bons officiers d’état-major nous eussent fait éviter : des colonnes quis’égarent, s’encombrent, se perdent; d’autres qui,arrivant par des chemins détournés , se présen-tent trop tard; les ordres mal rendus, par consé-quent mal compris ; les combats manquant d’u-nité dans l’action; lesmouvemens, de précaution;les retraites, d’ordre et de prévoyance ; le désor-dre dans les marches, la confusion aux défilés,le temps perdu en querelles au logement, lescamps et les positions choisis au hasard, sans