DISCOURS I)’O XI VT-R T TT R TJ. O.Cf
tenir compte de la santé des hommes et des diffi-cultés de la subsistance ; les fourrages faits sansrègle et sans guide ; le pays livré à la discrétiondes troupes, souvent abandonné à des nuées detraîneurs ; les magasins mal placés, le défaut demagasins , ou le défaut de mouvement des ap-provisionnemens. Toutes ces fautes et beaucoupd’autres, résultats de l’absence ou de l’imperfec-tion des états-majors, ont eu des effets plus oumoins funestes ; et il y a lieu de croire que si nousavons vaincu en les commettant, nous eussions,en ne les commettant pas, vaincu plus souventencore ; que , surtout, nous eussions acheté moinscher le succès des plus belles campagnes, et di-minué de beaucoup les désastres des autres.
Défions-nous donc des prestiges de l’imagina-tion , et de certaines opinions aventurées d’aprèsdes faits légèrement observés, ou plus légèrementracontés. Rappelons-nous que les livres de Xéno-phon firent deux généraux de Lucullus et du pre-mier Africain ; croyons, avec Puységur, que, sansthéorie, il est rare que l’on profite beaucoup,même d’une longue pratique ; et convenons fran-chement , parce que telle est la vérité, que dansl’état actuel des sciences guerrières , et touteschoses égales d’ailleurs, la victoire doit apparte-nir au plus brave, à condition qu’il sera le mieuxguidé dans la pratique par de sages et savantesthéories.
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