3o discours d'ouverture.
beaucoup plus sur vous, Messieurs, que sur mesleçons : je ne dois pas vous le dissimuler, vousapprendrez bien peu de chose par le Cours lui-même. Ce n’est pas par des leçons que nousnous instruisons : les leçons , sans contredit, sontde quelque utilité ; le maître nous trace la mar-che , il l’ouvre lui-même, il écarte les embar-ras , les difficultés ; il nous indique les sourcesquand il ne nous y conduit pas. Voilà à peu prèstout ce qu’il peut pour notre instruction ; c’est ànous à faire le reste. C’est en effet à vos lectures,à vos méditations, que vous serez redevables devotre savoir : « Les vraies connaissances , dit Con-» dillac , sont dans la réflexion qui les acquiert,» beaucoup plus que dans la mémoire qui s’en» charge. » Appeler votre attention sur les matiè-res de ce Cours, vous signaler les dispositions im-portantes de la législation, et les principaux pro-cédés de l’administration ; vous aider à en conce-voir la raison , l’utilité ; en un mot, vous donnerà penser plutôt que vous communiquer des con-naissances ou des opinions, tel sera l’objet de messoins. Mes leçons auront ainsi pour résultat plu-tôt de vous indiquer ce qu’il faut étudier, que devous apprendre ce qu’il faudrait savoir; et, quandnous aurons fourni la carrière que nous avons àparcourir ensemble, vous reconnaîtrez que jen’ai fait qu’éveiller des idées qui vous étaient pro-pres , que vous avertir de leur existence ; d’oùvous concluerez avec raison que je ne vous airien appris. Cependant , pour que vos travaux