DISCOURS D’OUVJÎKTTTI^E. 35
quelques préjugés contraires, il est bien vrai qu’iln’y a rien à dire ou à faire de nouveau : seulementles faits, les idées et les écrits sont dans un grandétat de confusion ; toute la nouveauté qu’on peutattendre à cet égard, c’est un certain ordre et unpeu de clarté.
Avec ce défaut de nouveauté inhérent au fonddes choses, il y en a un autre encore : je veuxparler d’un peu de sécheresse inévitable dans lamanière de les exposer.
S’il n’était question que d’imaginer un système ,de bâtir un roman , d’assembler des idées fantas-tiques pour un monde idéal, la carrière s’élargi-rait , s’embellirait peut-être : il serait possible etpermis de la parsemer de fleurs; mais l’empirede l’imagination finit où celui de l’analyse com-mence. En matière de législation, il faut voir ce quiest, leshommes et les choses quisont / concevoir tou-jours les choses pour les hommes tels qu’ils sont,s’écarter par conséquent assez peu de l’état pré-sent, quoiqu’on tende à améliorer l’avenir; cédersouvent aux habitudes, et s’y conformer jusquedans le langage ; présenter ainsi les idées avec lesseuls ornemens dont elles sont susceptibles, la sim-plicité et la vérité. La carrière étant semée déjàd assez d’incertitudes, il faut craindre d’y répandreune nouvelle obscurité par d’inutiles hors-d œu-vre , et par des ornemens superflus.
Ainsi, Messieurs, peu de démonstrations, pointde nouveautés ; des longueurs, des choses et desexpressions usuelles, communes : mais utilité et