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Tome premier.
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128 DES INSTITUTIONS MILITAIRES.

l’Inde, l’Arabie, l’Ethiopie, les déserts de la Lybie ,l’Océan Atlantique , sont les bornes de leur em-pire.

A mesure que la guerre s’éloigne, on cesse delicencier les troupes, et l’on crée des proconsuls.Comment rappeler les généraux lorsqu’ils ont àpeine commencé leur campagne? comment fairerevenir, avec chaque général, les légions de l’Es-pagne , de l’Afrique, de l’Asie , de la Macédoine ,de la Pannonie , de la Gaule même ? Là commencela ruine de la constitution politique et militairedes Romains ; d’autres causes la précipitent, elleva s’achever.

Rome, dans l’origine, était un camp, et il n’yavait, pour les citoyens comme pour les soldats,qu’une seule et même loi. Cette loi leur faisait undevoir du service militaire ; il fallait posséder desbiens équivalant à quatre cents drachmes pouravoir l’honneur d’être choisi : les capitecensi n’ypouvaient pas prétendre. La loi faisait aux soldatsromains un devoir de l’obéissance passive au com-mandement, mais l’autorité du questeur mettaitdes bornes à ce grand pouvoir. La questure repré-sentait aux armées les magistratures civiles del’ordre administratif : les droits , les garantiesétaient conservés par cette autorité tutélaire ; c’é-tait elle qui pourvoyait aux besoins des armées,qui administi’ait les pays occupés, qui recherchaitles délits et les poursuivait devant le tribunal duconsul ; elle réglait, en un mot, tout ce qui n’étaitpas le mouvement des armées et l’ordre des ha-