l3o DlîS INSTITUTIONS MILITAIRES.
conquêtes et les largesses des généraux achevèrentce que l’éloignement de la ville avait commencé ;l’ambition et la cupidité s’emparaient de toutes lesâmes ; ceux qui rendaient tous les services reven-diquèrent tous les honneurs, tous les avantages ;Marius profite de la disposition des esprits, il ason armée, son compétiteur a la sienne, César etPompée ont les leurs ; l’état ne fait plus quepasser de la licence à la servitude, sans pouvoirrevenir de la servitude à la liberté ; la républiqueest anéantie.
J’ai dit que si les armées romaines ne furentpas constituées permanentes dans les temps floris-sans de la république, elles le devinrent du faitdes généraux. Sous Auguste , elles furent, del’autorité du chef de l’état, positivement perma-nentes : on retint arbitrairement au service, etimpitoyablement jusqu’à la vieillesse, les citoyensde qui la loi n’exigeait, de vingt à quarante-septans, qu’un certain nombre de campagnes ( stipen-dia) qu’on avait supposé -ne pas les conduire loindes murs de la ville ; on eut recours à la violencepour obtenir la soumission à cet ordre illé 1 -gal ; bientôt les peines devinrent d’autant plusrigoureuses qu’il y avait plus d’injustices etmoins de récompenses. Les armées d’Auguste étaient donc un héritage dangereux pour ses suc-cesseurs. Tibère se fit l’esclave des légions ; il leurpermit tout, moyennant le dévouement à sa per-sonne; et, au lieu de cette antique discipline, aulieu de ces vertus par lesquelles les armées romai-