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Tome premier.
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138 DES INSTITUTIONS MILITAlIUïS.

dans les états féodaux, de même que chez les bar-bares, la cavalerie prédomine.

Il est inutile d’entrer dans un plus profond exa-men sur ces temps, où tout est obscur ; l’époquede la féodalité n offre rien d’intéressant sur lesinstitutions militaires, quoiqu’elle ne soit pas en-tièrement nulle quant à la guerre. Les victoires deCharles-Martel, les conquêtes de Charlemagne,la bataille deBouvines, montrent que la vaillance fran-çaise ne fut en aucun temps assoupie; mais le régimemilitaire est, comme le régime politique , dans unétat d’anarchie qui n’excite aucun intérêt: chaqueseigneur est un petit souverain qui, convoqué parle roi, réunit ( s’il obéit ) des vassaux sous sa proprebannière, marche et combat pendant soixante, ouquarante, ou vingt-quatre, ou seulement quinzejours, selon les privilèges, le caprice, la puissance,l’indépendance de chacun ; chacun porte ses vivrespour un mois, et, pour le surplus, on pille lesprovinces (i). La force du bras, comme au tempsd’IIercule et de Thésée , exerce son empire; aprèsavoir combattu pour le roi, on combat contre leroi ; on se bat entre seigneurs, et l’on fait ouver-tement le brigandage sur les chemins, jusqu’à ceque cette humeur pillarde et querelleuse, aille

(i) Dans les expéditions lointaines, on cultive les terres ;saint Louis emmène en Egypte des laboureurs et fles artisans ;plus tard, il fait des approvisionnemens à Chypre ; il y a moinsde famine dans la seconde croisade que dans la première, etsuccessivement.