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Tome premier.
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DES INSTITUTIONS MII.ITAIRES: 1(}q

s’exhaler dans de non moins folles, mais beaucoupplus nobles entreprises. Les croisades changent laface des choses, et pourtant l’anarchie qui régnaitauparavant ne cesse point après : elle est à peinetempérée dans les domaines de saint Louis parses sages établissemens ; ce sont toujours des dé-sordres , et seulement des désordres d’un autregenre. Philippe-le-Bel veut y apporter remède,mais il avait le bras plus fort que la tête ; il rend leparlement perpétuel, et établit les états-généraux;il crée des impôts, et il lève une armée (i). On voit,dans son ordonnance du 18 juillet i3i8, des gensd’armes et des gens de pied à la solde du roi, etrecevant leur montre par les trésoriers de la guerre;mais on ne voit ni comment cette armée est re-crutée , ni comment elle est organisée, disciplinéeet administrée; on sait seulement que Philippe,ayant attiré à lui toute la noblesse indigente, s’enétait fait un appui pour opprimer l’autre, et pourrégner en despote sous une ombre de régime lé-gal. L’anarchie, courbée sous ce bras de fer, re-lève, après Philippe, sa tête toujours plus auda-cieuse , et ce règne est perdu pour la civilisation.

Cependant qui, plus que lui, aurait dû laisserà la France une bonne organisation, de bonnesarmées, ou les moyens d’en avoir ? Lui qui, don-

(i) Un richd,'pour être excepté, payait suivant sa fortune ,ou fournissait plusieurs hommes. Cette disposition, renouve-lée de nos jours (loi du 17 nivôse an VIII) , n’était qu’unelra ilation de ce qui se pratiqua souvent dans le moyen âge.