iGï DES INSTITUTIONS MILITAIRES.
lumineuse ordonnance au commencement de cha-que campagne et de chaque quartier d’hiver : c’é-tait une suite non aperçue de l’usage que nousavaient légué lesRomains, des réglemensannuels àraison de leurs magistratures annuelles. Ce défautn’était pas le seul : faire une ordonnance ou unchapitre d’ordonnance pour chaque corps en par-ticulier ; payer un capitaine suisse plus qu’un co-lonel français de nos jours , etc. : ces erreurs furentcelles du temps. Quoi qu’il en soit, d’Argenson ,sans parler de constitution militaire , constituaiteffectivement l’armée , lui donnait cette force mo-rale de beaucoup supérieure à la force numé-rique , et qu’on a en vue quand on parle d’unearmée nationale.
Un tel système devait déplaire à trop de genspour qu’il pût se soutenir; et, comme l’a dit très-judicieusement, d’un autre personnage, le jeuneauteur d’un discours couronné par l’Académie ,tout homme qui, n’ayant plus l’appui de LouisXIV,faisait la guerre aux fripons, avait pour ennemisune multitude de scs compatriotes. D’Argensontint ferme contre les adversaires qui se présen-taient en face; il succomba sous une intrigue deboudoir, et. l’édilice fut renversé avec son fon*-dateur.
Le maréchal de Bellc-Isle annonçait les meil-leures intentions, et déjà il avait donné quelquesréglemens distingués par le savoir, la prudenceet la sagesse de leur auteur, notamment sur lerecrutement et les revues; mais, pour embrasser