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Tome premier.
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bF.S INSTITUTIONS MILITAI UES. j()3

un plan , ou pour suivre les traces de d’Argenson,il eût fallu, comme lui, gouverner, pour ainsi dire,les finances en même temps que la guerre ; et lestalens administratifs de d’Argenson, que n’avaitprobablement pas Belle-Isle, avaient pu donner àcelui-là l’influence que l’autre n’eut pas sur lescontrôleurs-généraux.

Le duc de Choiseul sembla vouloir , un peu surle plan de d’Argenson, un peu selon ses propresidées, se faire aussi le législateur de l’armée. Il fitpreuve de grands talens ; mais Choiseul ne pou-vait échapper à la toute-puissance des préjugéscontraires à de sages institutions. D’Argenson avaitsuccombé sous cette influence ; Choiseul finit,comme lui, par l’exil, sans avoir mis le sceau à sesinstitutions.

Si le duc de Choiseul n’adopta pas l’idée d’uneconstitution militaire d’après le principe de lé-galité des avantages , idée que l’esprit du temps etune sorte d’inquiétude publique tendaient déjà àaccréditer, ce n’est pas qu’il n’en prévît les bien-faits ; mais il était homme d’état : sa pensée em-brassait les changemens que cette nouveauté de-vait apporter au régime politique ; et, soit qu’ilfût ou qu’il ne fût pas disposé à s’engager danscette carrière périlleuse, il est probable qu’il ne re-garda pas la fin du règne de LouisXV comme le mo-ment du retour à la sagesse, à la saine politique, àl’économie, aux grandes choses. Il se contenta d’a-juster le mieux possible ce qui était, sans songer àrien faire de neuf; il disciplina, par de bons régie-