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Tome premier.
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lG4 DES INSTITUTIONS MIMTAIIîKS.

mens, l’armée française telle qu’elle était alors ;il acheva de détruire la propriété des compagnies,et lit disparaître ces passe-volans(i)si long-tempspoursuivis par d’Argenson.Lesgénérauxpurentdis-poser librement des troupes, notamment des eom -pagnies de cavalerie, dont, auparavant, les chefspropriétaires étaient toujours plus ou moins récal-citrans. ün vit qu’il sentait quelquefois, quoiqued’autres lois il l’oubliât, la nécessité de suppléer àla force numérique par la force morale ; il consa-crait implicitement l’état à vie du militaire, endonnant des pensions à tout ce qui était réformé ;mais il recrutait à l’étranger, et il prétendait ga-gner trois hommes par l’acquisition de chacunede ces sortes de recrues : ce qui, occasionnant desdépenses énormes, empêchait d’élever l’effectif;il réduisait l’armée française au pied de paix, sansprévoir le pied de guerre; il diminuait la paie etles vivres, lorsque peut-être il eût fallu augmenterle tarif; s’il faisait conserver quelques droits à laclasse mitoyenne , il ne lui donnait pas les moyensde se soutenir au service, ce qui rendait le bien-fait illusoire. Enfin s’étant, sans le vouloir, mishors d’état de faire la guerre , il était réduit àmainteuirlapaixà tout prix; il laissait, ainsi, unetâche fort difficile à ses successeurs.

(i) On appelait do ce nom des mendians, des vagabonds,que les capilaines faisaient figurer dans les revues, sous l’ha-bit de soldat.