DES INSTITUTIONS MILITAIRES. l65
Quoi qu’il en soit, depuis la guerre de sept ans,et sauf la guerre d’Amérique , où le pavillon semontra toutefois avec plus d’honneur que les dra-peaux , la France cessa d’être une puissance mili-taire. Gardienne impuissante de l’équilibre euro-péen, elle fut réduite à voir partager la Po-logne (1772), et à laisser le roi de Prusse insulterAmsterdam , faute de pouvoir présenter une ar-mée; elle 11’eut pas même six mille hommes àenvoyer à Hyder-Aly pour enlever l’Indostan auxAnglais .
Qu’était-ce, en effet, qu’un état militaire de moinsde cent soixante-dix mille hommes, tout com-pris? Qu’était-ce qu’une pareille force, qui, selonles mémoires du temps, et suivant les expressionsde l’un d’eux, était « mal recrutée, mal comman-» dée, mal payée, fatiguée et mécontente ? »Qu’élait-ce qu’une telle force pour faire face àtoute l’Europe, dont plusieurs puissances entre-tenaient une force double de la nôtre, et pourmaintenir la tranquillité au dedans, en un tempsoù l’on ne connaissait pas les gardes nationales,en un temps de troubles, ou tout au moins d’unegrande fermentation ?
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Parmi les successeurs du duc de Choiseul, ï)u-muy, Monteynard, Saint-Germain, Montbarey,Ségur, firent de louables efforts pour remonterl’esprit des troupes et pour restaurer l’armée fran-çaise ; mais, moins en crédit queChoiseul, et,plusque lui, dominés par l’influence des préjugés, en-través par les intrigues étrangères et par les em-