DE L ORGANISATION.
3 r 3
des espérances clans l’avenir, une famille, desamis, une patrie; des hommes déjà un peu civili-sés, par conséquent actifs, intelligens, instruits,industrieux, susceptibles de se façonner bien viteà tout nouveau métier, de se tirer d’affaires danstoutes les circonstances; d’envisager le péril et dele braver, s’ils ne peuvent le prévenir pd’avoir dela constance avec de la valeur et de l’audace, d’ap-précier les honneurs et la gloire. Des esclaves muspar l’intérêt ou par le fanatisme peuvent encorede grandes choses; mais la cupidité, le dévoue-ment, l’exaltation ont leur terme, l’honneur et levrai courage n’en ont point.
L’état politique d’un pays étant connu, le ca-ractère national est à moitié déterminé. Pour leconnaître plus parfaitement, il n’y a plus qu’à étu-dier un peu les hommes eux-mêmes. Or, quicon-que observera les Français, reconnaîtra facilementque la dureté, ou seulement la rigidité dans lecommandement, l’austérité des habitudes, la viefrugale., la simplicité du costume, la gêne, lacontrainte, la monotonie, sont peu compatiblesavec l’esprit de cette nation. Cherchez à contenirdans un camp, dans une ville, ces soldats français dont le maréchal de Saxe disait au prince deKaunitz que, comme des fourmis, ils passaientpartout : les efforts que vous ferez pour obtenird’eux la sagesse allemande, seront de vains efforts.« On 11’aurait pas plus tiré parti d’un Spartiate» en l’amusant, dit Montesquieu , qu’on ne tire-v rait parti d’un Français en l’ennuyant. » Des