DISTRIBUTION DES POUVOIRS. 6l
toutes ces choses réunies composent l’autorité ad-ministrative. Il y a ainsi deux personnages dansl’homme revêtu de cette autorité : l’un, qui pour-voit à la subsistance des troupes, et qui, commetel, est dans quelque dépendance de l’autorité mi-litaire; l’autre, le gardien du trésor, qui en esttout-à-fait indépendant.
Depuis que, sans s’arrêter à la considérationgrave de ce double personnage, on a réuni surune seule tête les attributions des inspecteurs etdes commissaires des guerres , les idées se sonttrouvées confondues ; et l’on dit que des dissenti-mens assez sérieux existent dans les conseils dugouvernement sur la manière -d’envisager le corpsde l’intendance. Les intendans militaires sententtrès-bien qu’ils ne sauraient garder efficacement letrésor , qu’autant qu’ils pourraient librement s’as-surer du nombre de consommateurs et de l’emploides choses; appuyés sur cette idée juste , ils récla-
fonds pour leur service, en laissent au payeur la distributionofficieuse. On en fait, au contraire, de véritables ordonnateurslorsque, sans considérer qu’il y a des intendans partout, ondonne aux mêmes officiers le droit de constituer l’état en dé-pense en requérant des transports directs (Réglement du i erjanvier 1824 , article 6 et 8.)
Je crois qu’il ne doit y avoir qu’une classe d’ordonnateursmilitaires, comme il n’y a qu’une classe d’ordonnateurs civils(les préfets ), et une classe unique d’ordonnateurs maritimes.Je suppose cet ordre régulier, lorsque je qualifie les intendansordonnateurs de toutes les dépenses de la guerre.