DE L’ETAT DES MILITAIRES. 0 .**]
Les Romains, chez qui tout citoyen était sol-dat, avaient classé la population selon les richesses,relativement au service militaire ; c’est-à-dire queceux qui étaient les plus intéressés à la défense del’état, étaient les premiers à marcher. Ainsi, lapremière centurie, composée des plus riches, étaitle premier bataillon , et la dernière représentaitce que nous appelons la levée en masse; on saitquelles modifications reçut des circonstances, l’ins-titution de Servius Tullius . Les levées prirent unetoute autre marche, et comme on arriva à récla-mer le service des dernières classes pour un tempsqui n’était plus en rapport avec la fortune dechacun , on leva des tributs sur les riches, et lasolde fut établie pour la durée du service; les mu-nificences vinrent après.
La classe militaire, chez fes Egyptiens, eut donGdes terres et sa part du territoire en toute pro-priété, en propriété perpétuelle, héréditaire; etchez les Romains, les soldats entretenus par 1 étatdurant le service, reçurent de la bienfaisance dupenpLe, à l’âge de la vétérance, quoique sans règlefixe et sans ordre régulier, des terres ou de l’ar-gent. Plus tard, ils arrachèrent ces concessionsparla violence, et ils osèrent demander à A ugnstu Lele tiers des terres de l’Italie.
L’Europe moderne , formée des débris de l’em-pire romain ou des migrations de ses vainqueurs,prit à la foi.s Les coutumes des Egyptiens et cellesdes Romains. Chez nos ancêtres les Caulois, où ily avait deux sortes de milices, les troupes levées