228 de l’état des militaires.
au moment de la guerre vivaient au moyen d’unepaie ; les troupes permanentes, dites des fron-tières, recevaient des terres à perpétuité, sous letitre de bienfaits militaires. Plus tard, les Francs ,en se mêlant avec les Gaulois , adoptèrent cetusage. Ils ne conférèrent toutefois les bénéficesmilitaires qu’à vie ; mais la violence les rendithéréditaires, et ils devinrent ce qu’on a appelé desfiefs , gages de la foi. Les Suédois , les Polonais, etd’autres peuples esclavons, ont conservé et con-servent encore une classe toute militaire, dotée,comme les Egyptiens, de terres en véritable pa-trimoine. Les Croates forment, sous la dominationautrichienne, une population militaire. Les sta-rosties des Polonais ont passé, avec la Pologne ,aux mains des puissances qui l’ont démembrée ;ce sont de véritables fiefs militaires en faveur desofficiers seulement. Les borstelles des Suédoissont des fiefs aussi, mais en faveur des soldatsainsi que des officiers. Les colonies militaires quiviennent de se former en Russie , sont à peuprès la même chose que les districts militairesdes Suédois et des Croates.
Chez ces peuples, tout possesseur de terre mili-taire, est soldat; il marche quand il est appelé,et rentre dans son héritage lorsqu’il est congédié;ainsi, s’accomplit la condition qui résulte de l’éta-blissement d’une profession nouvelle ; l’hommedonne son temps , et on lui en a payé le prix d’a-vance.
Les fiefs, chez la plupart des autres peuples de