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Tome deuxième.
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DE L’ETAT DES MILITAIRES. 3 29

l’Europe moderne ne furent pas autre chose -quedes borstelles ou des starosties, et les possesseursde fiefs furent long-temps la classe militaire parmiles peuples modernes : appelés pendant les dan-gers, eux et leurs vassaux, et renvoyés après, ilsn’avaient rien à demander à l’état. En les dotant,l’état avait amplement pourvu aux besoins de sesdéfenseurs, et les clauses du quasi-contrat étaientremplies.

Lorsque les possesseurs de fiefs cessèrent desuffire à la défense du pays, et qu’il fallut ap-peler des classes libres, mais non militaires,celles-ci prêtèrent leur secours, selon l’antiqueusage, pour le moment du danger, et le firentgratuitement; mais, du moment où les arméesdevinrent permanentes, chacun demanda lesmoyens d’exister pendant la guerre, puis le prixde son temps pendant la paix ; et enfin les moyensde faire subsister sa famille.

Cet ordre de choses s’est,pour ainsi dire, établi enAutriche : on y a fondé des maisons pour recevoirles fils des soldats, ainsi que ceux des officiers; d’au-tres maisons pour recevoir leurs filles; les femmessont nourries, etles veuves pensionnées ; des écolesd’arts et métiers sont instituées pour donner desprofessions civiles aux enfans ; et les manufacturesdu gouvernement leur assurent du travail. Commedans ce pays, de même qu’en Angleterre, bien deshommes se font soldats pour la vie (notammentdans l’artillerie et le génie), les institutions de bien-faisance devaient avoir toute cette étendue. La