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Tome deuxième.
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232 DE L’ETAT DES MILITAIRES.

mais enfin comme un patrimoine (i). Et du respectdont on entoura cette possession d’état, on futfondé à induire que c’était un état à vie.

Ainsi, le sort des militaires fut invariablementassuré. Après avoir pourvu à tous les besoinsdurant le service, on fit, chez nous, aux gens deguerre, après le service, un traitement viager quidevint un droit implicite, puis un droit expliciteet formel. Je le répète, on négligea la familledes militaires, et l’état viager de l’officier fut lui-même établi sans principes et sans plan, et dansdes proportions peu en rapport avec les besoins ;c’est-à-dire que toutes les lois, à cet égard, ne firentque se copier.

De cette servile imitation des usages précé-dens, et des expressions qui servaient à les con-sacrer, résultèrent quelques préjugés et un peude confusion, et le quasi-contrat s’en trouvatant soit peu obscurci.

(i) «Il faut, disait le comte de Saint-Germain en manifestantson vœu pour qu’on assurât aux militaires , et d’une manièi’eexplicite, l’état à vie; il faut que l’homme sur cette terre aitun état certain; » mais déjà l’édit de 1674 s’était expriméd’une manière remarquable : « Considérant, y est-il dit, que» rien n’est plus capable de détourner ceux qui auraient la>.> volonté de porter les armes, d’embrasser cette profession ,» que de voir la méchante condition où se trouveraient réduits» ceux qui s’y étant engagés et n’ayant point de bien, y auraient» vieilli ou auraient été estropiés, si l’on ne prenait soin dev leur subsistance et entretenement. »