DE l’ÉCOKOMIE POLITIQUE. Cf]
nemens spécieux, à défaut de preuves matérielles;la querelle s’envenimait, et l’on était toujours pluséloigné de s’entendre. On s’est débattu long-temps avant d’arriver à cette vérité triviale, queles manufactures et le commerce font fleurir l’a-griculture , et que c’est par un concours univer-sel à ces trois sources de toute prospérité publi-que, que les richesses se forment et s’amassent.Mais, il fallait appeler tous les hommes à ce grandconcours, laisser un libre essor au génie, garan-tir à chacun l’exercice de ses facultés, la jouis-sance des fruits de son industrie, et toujours onarrivait à soulever des questions très-délicates :remonter à l’origine des sociétés, découvrir lefondement des abus, les attaquer, les réformer,faire de nouveaux propriétaires, une nouvelleclasse dans la société, lui reconnaître des droits,céder à ses prétentions ; c’étaient tout autantd’innovations qui , produites , rejetées et re-produites, occasionaient des rumeurs, rencon-traient de la résistance, et faisaient accuser l’é-conomie politique de bouleverser le monde.
Par toutes ces causes réunies, la science ne par-venait point à se naturaliser en France ; et de-puis 1780, époque où elle était venue en deçàdes Alpes , elle ne brilla qu’un moment cheznous, pour s’éclipser bien vite : les économisteseux-mêmes, il faut l’avouer, contribuèrent unpeu à son discrédit. Véritables enthousiastes, rê-vant le bien absolu, et parlant d’administrationsans avoir mis la main au* affaires, les écono-