198 DE l’ÉCONOMIE DOLIT-IQtTE.
salutaire ; il se trouva propre à réaliser l’espérancedes Toscans , et, dans moins de huit ans, des dettesimmenses sont acquittées, les peuples sont soula-gés; bientôt ils sont riches, et se vantent d’êtrele peuple le plus heureux de l’Europe .
Léopold avait senti que pour tirer beaucoupd’un peuple , il faut le mettre en état de gagnerbeaucoup ; que pour gagner il faut produire, qu’onne produit que par le travail, et qu’on ne travailleque lorsqu’on est assuré de jouir du fruit de sespeines.
Il consacra le droit de propriété, et la liberté dutravail; il régla la justice, auparavant administréepar soixante-douze tribunaux, dans la seule villede Florence . Il réduisit les douanes, les péages,les droits; il établit l’égalité des impôts; il en de-manda peu, parce qu’il n’entretenait pas de sol-dats ; il ouvrit de toute part des communicationsfaciles; sans trop porter atteinte aux libertés desvilles, il forma des .provinces, à la tête desquellesil plaça un vicaire administrateur et juge; chaquebourg fut un bailliage avec un administrateur su-bordonné au vicaire ; les villages eurent aussi leuradministration; les uns et les autres, participantsagement du gouvernement municipal, provincialet central. La noblesse avait conservé d’immensespropriétés qu’elle cultivait mal ; le commerce,dont le prince lui-même se fit le chef, se mit enmesure de les partager avec elles; les prolétairesse firent industrieux, ils devinrent propriétaires;et, dans peu de temps, la Toscane présenta l’aspect