Band 
Tome cinquième.
Seite
200
JPEG-Download
 

200 de l’économie politique.

chemins, Jes habitans de i’un de ces pays, ne sontséparés de l’autre, que par des bornes, vous lesdiriez coupés par des mers. Là, régnait l’opulenceet l’hilarité; ici, la tristesse et la mendicité. Là,vous voyez des champs cultivés comme des jar-dins; ici, la même terre, à peine labourée, nedonne que ce qu’elle ne peut pas refuser. L’étatdes routes, des villes et des villages , présente lamême différence ; il n’est pas nécessaire de direqu’on chercherait vainement l’industrie manufac-turière dans l’état de l’Eglise : toutes les indus-tries, nous l’avons dit, sont sœurs, et partout oùl’état de l’agriculture annonce la misère des co-lons , on peut avancer hardiment qu’il n’y a pasd’autre industrie, que celle d’ouvrir bien ou malle sein de la terre, et d’y jeter du grain.

Cependant, il h’y avait pas de peuple à qui songouvernement demandât moins d’impôts; le mondepresque entier, tributaire de la cour de Rome, dis-pensait du tribut les babil ans du patrimoine deSaint-Pierre ; les nouveaux Romains avaient mêmeconservé des anciens, l’usage de l'armorie : d’im-menses magasins de grains, et même ce qui n’é-tait pas au temps de la république, des magasinsd’huile, fournis aux dépens du trésor papal, as-suraient en tout temps, l’existence d’une popu-lace héréditairement oisive. Malgré ces prétendusavantages, une multitude dè mendians attestait lamisère publique, et chaque palais de Rome ac-cablant de son ombre cent chaumières, en con-firmait la triste réalité.