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chemins, Jes habitans de i’un de ces pays, ne sontséparés de l’autre, que par des bornes, vous lesdiriez coupés par des mers. Là, régnait l’opulenceet l’hilarité; ici, la tristesse et la mendicité. Là,vous voyez des champs cultivés comme des jar-dins; ici, la même terre, à peine labourée, nedonne que ce qu’elle ne peut pas refuser. L’étatdes routes, des villes et des villages , présente lamême différence ; il n’est pas nécessaire de direqu’on chercherait vainement l’industrie manufac-turière dans l’état de l’Eglise : toutes les indus-tries, nous l’avons dit, sont sœurs, et partout oùl’état de l’agriculture annonce la misère des co-lons , on peut avancer hardiment qu’il n’y a pasd’autre industrie, que celle d’ouvrir bien ou malle sein de la terre, et d’y jeter du grain.
Cependant, il h’y avait pas de peuple à qui songouvernement demandât moins d’impôts; le mondepresque entier, tributaire de la cour de Rome, dis-pensait du tribut les babil ans du patrimoine deSaint-Pierre ; les nouveaux Romains avaient mêmeconservé des anciens, l’usage de l'armorie : d’im-menses magasins de grains, et même ce qui n’é-tait pas au temps de la république, des magasinsd’huile, fournis aux dépens du trésor papal, as-suraient en tout temps, l’existence d’une popu-lace héréditairement oisive. Malgré ces prétendusavantages, une multitude dè mendians attestait lamisère publique, et chaque palais de Rome ac-cablant de son ombre cent chaumières, en con-firmait la triste réalité.