35A DES IMPÔTS, EMPRUNTS ET REQUISITIONS,pie, qu’à chaque magasin il était affecté un cer-tain territoire; et qu’au moyen des commissai-res entretenus par le pays auprès des commissairesde l’armée, ou de ceux-ci placés auprès de ceux-là, il suffisait de connaître les changemens de di-rection des troupes, pour faire verser sur un nou-veau point les quantités demandées ; qu’en ef-fet, lorsque les besoins surpassèrent les facultés durayon assigné à un magasin, on fit sur celui-ci desversemens de l’approvisionnement des autres,plus souvent encore des viremens, des échanges,des substitutions; car on savait qu’à la guerre, ilne faut pas que les contribuables soient tenus deporter des grains à plus de vingt lieues, des four-rages à plus de dix.
Mais ce qui contribua, peut-être, plus que toutesles autres dispositions , aux succès de l’administra-tion de l’armée du Rhin, ce fut le choix des com-missaires civils : les premiers personnages des étatsd’Allemagne ne dédaignèrent point de se fairecommissaires aux vivres, aux fourrages , aux char-rois ; ils inspirèrent de la confiance, du respect auxadministrations de l’armée; ceux-ci, à leur tour, parleurs talenset leur probité, imposèrent aux auto-rités locales cette considération pour leurs ordres,qui en facilite singulièrement l’exécution. Je crois ,néanmoins, apercevoir un défaut dans la manièrede faire de l’administration de l’année du Rhin :frapper sur le gouvernement de l’état, et exigerl’exécution sous la responsabilité des gouvernans ,