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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

l’espace où elles devaient se réunir. Montferrat, arrivé avec le cen-tre à Mouliers, trouvant Conüans fortement défendu, se jeta par le colde la Madeleine sur sa gauche, qui avait dépassé Saint-Jean. Il espéraitainsi déborder la droite de son adversaire; mais Kellermann le prévinten sc lançant hardiment sur les rives de l’Ârcq. À Epierre, il offrit la ba-taille qui s’engagea vivement au fond de la vallée. La victoire fut prompte-ment décidée : une batterie française, hissée à bras sur des rochers àpeine accessibles, jeta inopinément l’épouvante dans les rangs piémon-tais. Ils se rompirent et se replièrent, la gauche à Saint-Michel, le centredans la Tarentaise où Kellermann le poursuivit. Battu à Moutiers chasséde Saint-Maurice, il repassa le Saint-Bernard; les deux autres colonnesn’eurent plus qu’à suivre son mouvement et à se retirer au-delà desmonts.

Dans le comté de Nice, le cabinet de Vienne fournit aux Piémontaisune division auxiliaire et un général en chef, DeVins. Ainsi renforcés, ilsfirent une sortie généraledes lignes de Saorgio. L’armée française , com-mandée par Dugoinmier, évacua Belvedcret Vesubia. Les impériaux suivi-rent l’ouverture et sc portèrent sur l’Estcronpour tourner par leur gaucheles positions de Dugommier. Mais, au lieu de se concentrer pour cettemanœuvre, ils ne réunirent que 4ooo hommes, et Dugommier, quisentait les conséquences d’un succès, se porta en forces àGiletlc, les atten-dit et les repoussa sur tous les points. Les coalisés n’ayant pu saisir l’of-fensive, le siège des deux villes françaises ne fut point troublé. Lyon futenlevé par l’effort réuni de l’armée des Alpes et des levées en masse del’Auvergne; Toulon fut repris aux Anglais par un trait de génie qui dé-celait un grand capitaine. J^e commandant d’artillerie du siège, Napo-léon Bonaparte prit sur lui de démontrer aux généraux et aux représentais,qu’il fallait négliger la ville et monter à l’assaut du fort du petit Gibraltar ,d’où Ton domine la rade et d’où Ton pouvait incendier les vaisseaux en-nemis. On l’écouta, faveur bien rare! on le crut, lui le moindre en âge,en réputation, en dignité. On pénétra dans le fort durant une nuit ora-geuse, et la fuite précipitée de l’ennemi justifia ses prévisons et lui valutle grade de général de brigade.