ho GUERRES D£ LA RÉVOLUTION.
que; il resla dans ses limites, et jusqu’à la fui de la campagne on sc tintde part et d’autre eu observation.
Ricardos était plus actif : protégé par des forteresses qui assuraient sabase, il résolut de se rendre maître de la campagne. Le midi soulevé parla journée du 3 i mai avait été calmé, mais les dissidens étaient prêts àcourir de nouveau aux armes et à faciliter la communication entre l’en-nemi extérieur et les insurgés des bords de la Loire; l’anéantissement del’armée républicaine eût produit, dans cette conjoncture, une diversionterrible. Ricardos manœuvra pour l’envelopper et la détruire. Forte de1 5 ,ooo hommes, elle était rentrée dans les camps du mas d’Eu et deThuir,il s’y porta à la tête de 20,000 hommes. Mais ses têtes de colonne se bri-sèrent contre les retranchemens français , ses troupes lâchèrent pied ets’enfuirent jusqu’au Tech. Sa défaite assura la tranquillité du midi.
Les généraux républicains voulurent en tirer parti : Dagobert avec3 ooo hommes, sorti de la vallée de la Tôt, fit irruption en Cerdagnc ets’étendit au-delà des Pyrénées , menaçant à-la-fois Urgel et Campre-don. Son but était de forcer Ricardos à repasser les monts. Mais celui-ci,loin d’être ému, conçut le projet de couper la retraite de Dagobert, et derejeter au-delà de la Tet le gros de l’armée française.
Dans ce dessein, il fit enlever par son extrême gauche la place de Vil-lcfranclte, puis s’avançant en masse sur Soler, il força le passage de la ri-vière, sépara en deux parties l’armée républicaine et les rejeta Tuneà Perpignan , l’autre à Salées. Toutefois il ne put se maintenir sur la Tet ;attaqué à Salces de front, et en flanc par une colonne sortie de Perpi-gnan , il perdit ses positions et se retira dans le camp du mas d’Eu.
Dagobert commandait alors l’armée républicaine: vieux officier pleinde bravoure et de résolution, il marcha sur son adversaire par les che-mins de Thuir, de Bellcgarde et do Collioure , Aux premiers coups de feu,sa gauche lâcha pied, et l’ennemi sc portant en forces contre la droite,elle fut accablée. Le centre seul conduit par le général en chef, sc mainte-nait victorieusement; mais Ricardos, libre de disposer contre lui de touteson armée, l’enveloppa, le tailla en pièces et força ses débris à abandon-ner le champ de bataille; les Espagnols poussèrent jusqu’à la Tet, mais ilsne se hasardèrent point à la passer.
Bientôt, des renforts survenant, ils permirent aux Français de repren-dre l’offensive; cependant ils ne purent encore délivrer le Roussillon. Onreprit Villefranche , et en menaçant de tourner Ricardos, on le força de scconcentrer dans le camp du Boulou.Là il se maintint jusqu’à l’année sui-vante. On chercha vainement à l’attirer en menaçant Roses : les colonnessorties dePort-Vendres pour cette expédition furent ramenées en désordre.Une seconde attaque par Cérct ne réussit pas mieux ; enfin un fort déta-