Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
42
JPEG-Download
 

u-l GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

tic dans lo camp retranché des buttes de Bournan que traversent la routede Doué; mais la retraite de Salomon avait laissé à découvert le coursde la Dive, et le désordre était tel au quartier général que le pont de Saint-Just n’était pas gardé. Cette circonstance n’échappa pas aux Vendéensqui tournèrent le camp de Bournan et débordèrent par la rive droite duTlioué. Us se rendirent maîtres avec leur impétuosité ordinaire des fau-bourgs de Saumur et du pont qui les séparait du camp ; après quoi, ils dis-persèrent le petit nombre de combattans qui défendaient encore la ville,où ils s’établirent. Cependant les troupes de Bournan firent d’inutiles effortspour enlever le passage du Thoué.et dégager Saumur . Elles finirent parse retirer à Brissac, puis à Angers ; le lendemain, le château sc rendit.

La victoire remportée par lesinsurgés était d’une importance extrême;ils désorganisaient l’armée qui devait les réduire, ils s’emparaient d’unmatériel considérable et d’approvisionnemens de toute nature; enfin ilss’ouvraient la route de Paris . La difficulté était de tirer parti d’un sibeau succès et de conserver l’armée réunie. Les chefs y réussirent pour unmoment en nommant avec appareil un généralissime, et appelant pourremplir ce grade un peu vain, Cathelineau , le seul d’entre eux que l’insur-rection eût arraché aux travaux de la campagne. Après cette cérémonie, onmarcha sur Angers qui fut occupé sans résistance. Mais on s’éloignaitdelà Loire ; les insurgés demandaient à grands cris à rentrer dans le Bo-cage. Le nouveuu généralissime put à peine gagner sur eux de les y ra-mener par Nantes et de tenter un coup de main sur cë boulevardde la révolution. L’expédition était hasardeuse; mais quels résultatseût amenés le succès! la communication établie entre la Bretagne , théâtrede la chouannerie et la Vendée en armes, le cours de la Loire déblayé,des ports ouverts à la marine anglaise, et la consistance que donneàun partisoulevé la possession d’une cité de 80,000 âmes.

Charetle, averti des projets de Cathelineau, se rapprocha de la Loire pour forcer l’entrée de la ville du côté du midi; pendant ce temps lesautres chefs poursuivaient leur marche facile. Us entrèrent à Ancenis etgagnèrent les portes de Nantes .

La fortune de la république avait voulu que Canclaux eût conservéle commandement auquel il avait été appelé dès le commencement destroubles. Ce général jouissait à Nantes de la considération que donnentle talent, la modération et l’intégrité. 5 à 6000 hommes de ligne compo-saient sa garnison, mais la garde nationale forte de 7 à 8000 hommes suprêtait avec dévoûment à ses dispositions; il avait couvert les approchesde la ville par un camp aux abords de la Loire et par un bon posteretranché à Nort. Les insurgés se portèrent d’abord à l’attaque decet avant-poste dans le but de tourner le camp. Ce mouvement t