6/i GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
les routes de Hombourg et de Deux-Ponts et par les défilés moins acces-sibles de Pirmasens et de Bitche . Hoche, supposant ces passages gardéspar l’armée prussienne tout entière, manœuvra pour les tourner à droiteet descendre sur Landau par la rive gauche de la Queich . Trois divi-sions, la réserve et la cavalerie, partant de Sarrelouis, Sarrebruck etSarreguemincs convergèrent sur Deux-Ponts par Blicscastel, et sur Hom-bourg par Tholey . Mais par une de ces complications qui dérangent lesplans les mieux concercertés, dans le même temps, Brunswick condui-sait autour de Deux-Ponts le gros de son armée pour lui donner sesquartiers d’hiver. Hohenlohe seul était resté en observation à Pirmasens .Les Français, au lieu de combattre des détachemens, se heurtèrent donccontre une armée en marche. Us culbutèrent, à Bliescastel , une divisionprussienne qui se rallia sur les hauteurs de Deux-Ponts; il fallait, pourla déposter, livrer un nouveau combat. Deux journées se perdirent, etBrunswick, ayant reçu l’éveil, put ranger toutes ses forces en ordre debataille à Kaiserslaulern. C’était déjà un échec; cependant Hoche fit at-taquer les positions ennemies dans l’espoir de les tourner par Otterberg etOtterbach et de les acculer aux Vosges ; mais, après trois jours de com-bat, affaibli de 3 ooo hommes, il ordonna la retraite que Brunswick n’es-saya pas de troubler. Ce général commit la faute de regarder la cam-pagne comme terminée et de prendre scs cantonnemens autour de Kai-serslautern. Hoche profita de sou inaction et en tira une leçon qu’il netarda pas de mettre à profit.
Les passages n'étaient plus surveillés entre Deux-Ponts et Bitche . Il neperdit pas un instant pour y pénétrer. Sa division de droite, 10,000hommes, descendit de Bitche par les gorges de Nicderbronn et ouvritsans obstacle la communication avec Pichegru . A peu de jours de là,l’armée entière s’engagea dans les mêmes défilés, flanquée par une divi-sion récemment arrivée des Ardennes, qui s’avancait par le chemin deLembach et observait Hohenlohe . Ces mouvemens, masqués par quelquesdémonstrations à Hornbach et Deux-Ponts, échappèrent à Brunswick, etles Français, débouchant sur la droite de Wurmser , le forcèrent à chan-ger de front pour se replier dans une ligne de rctranchemcns élevee de-puis Reiclishoffen, jusqu’à Wocrdt. Hoche fit enlever d’assaut cette po-sition, tandis que Pichegru attaquait Ilaguenau et que la division desArdennes débouchait de Lembach. Wurmser , assailli de front et pris àrevers, se retira précipitamment sur la Lauter , et les deux années ré-publicaines firent leur jonction à Sulz .
C’était beaucoup, mais la tâche que les deux généraux setaient pres-crite n’était point accomplic.il fallait rentrer dans les ligues redoutablesque l’ennemi avait tournées contre eux. Hoche sollicita des roprésentans