CAMPAGNE DE 1793. 65
et obtint le commandement en chef, en leur promettant une nouvellevictoire. Il fit aussitôt ses dispositions pour marcher à Wurmser et l’é-craser, avant que Brunswick pût le secourir; mais les Prussiens étaientdéjà sur la Lauter , et les coalisés s’ébranlaient aussi pour reprendrel’offensive.
Les quatre armées se rencontrèrent en avant de la montagne du Geis-berg et la bataille s’engagea du Rhin aux gorges de Bondenthal, Les ré-publicains s’élancèrent au cri de: Lanclau ou la mort! avec une impétuositéirrésistible: Lauterbourg et le Geisberg furent enlevés; la gauche tournapar Bondenthal les positions de Brunswick qui, pour assurer sa retraite,dut s’ouvrir, au prix d’un combat sanglant, le passage par Weissembourget Bergzabern . Tout plia ; les impériaux se hâtèrent de se mettre en sû-reté au-delà du Rhin qu’ils passèrent à Philipsbourg, et les Prussiens, lais-sant en arrière sur leur droite des divisions qu’ils recueillirent à Neustadtet Turckheim, prolongèrent leur retraite jusqu’à Mayence . Les vainqueursrentrèrent dans Landau, prirentFrankenthal et Worms, s’emparèrent demagasins immenses,et culbutèrent l’arrière-garde de Brunswick à Oppen-heim, après quoi ils prirent leurs quartiers d’hiver sur le territoire con-quis.
On avait presque sur tous les points préservé le territoire ; on conser-vait quelques conquêtes : on s’était préparé d’immenses moyens militai-res que les circonstances avaient naturellement disposés à recevoir uneorganisation puissante.
La manière de combattre conduisit à la formation des diverses partiesde l’armée. «On entamait, dit le général Foy, l’action avec des nuées de ti-« railleurs à pied et achevai; lancés suivant une idée générale plutôt que« dirigés dans les détails des mouvemens, ils harcelaient l’ennemi, échap-« paient à ses masses par leur vélocité, et à l’effet de son canon par leur« éparpillement. On les relevait afin que le feu ne languît pas, on lesa renforçait pour les rendre plus efficaces.
« Il est rare qu’une armée ait scs flancs appuyés d’une manière inexpu-« gnable; d’ailleurs toutes les positions renferment en elles-mêmes, ou« dans l’arrangement des troupes qui les défendent, quelques lacunes« qui protègent l’assaillant; les tirailleurs s’y précipitaient par inspiration,« et l’inspiration ne manquait point dans un pareil temps et avec de pa-« reils soldats. Le défaut de la cuirasse une fois saisi, c’était à qui portc-« rait son effort. L’artillerie volante accourait au galop et mitraillait® à brûle-pourpoint. Le corps de bataille s’ébranlait dans le sens de l’im-« pulsion indiquée : l’infanterie en colonne, car elle n’avait pas de feu à« faire; la cavalerie intercalée par régiment ou en escadron, afin d’être dis-« ponihlc en tout et pour tout. »