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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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92 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

et la mauvaise administration des subsistances, l’avaient exténuée de ma-ladies; une affection cutanée, dont personne n’était exempt, la dévorait etexigeait du repos. Maison avait devant soi le pays le plus richedu conti-nent ; mais un peuple opprimé appelait de ses vœux les troupes républi-caines ; déjà les provinces au-delà de l’Yssel avaient annoncé le desseinde traiter avec la Convention. Amsterdam était en fermentation, etles réfu-gies hollandais conjuraient l’armée victorieuse de faire un pas en avant,et de rendre à leur patrie son ancienne liberté. Daëndels , le plus actif d’en-tre eux, obtint un ordre d’attaque.

Pour dominer le cours du Waal on n’avait plus qu’à s’emparer de1 îledeBommel, formée par la Meuse et le bras du Rhin ; on entreprit del’enlever. On débuta par une démonstration à Rokerdum , on passa leWaal, on dispersa le corps opposé, on tua le général, mais l’ennemi nes en émut point et l’opération principale échoua.

On allait se décider à ajourner les hostilités au retour du printemps,lorsque l’hiver rigoureux de 1794, commençant àsefaire sentir, vintprêter aux républicains un secours inespéré. Tous les obstacles qui défen-daient la Hollande disparurent, et les coalisés, frappés de stupeur, n’imagi-nèrent aucune manœuvre pour y suppléer.

Déjà la Meuse est entièrement prise, on pénètre dans Pile de Bom-mel par Saint-André, Empel et Crèvccœur; l’ennemi dispersé se réfu-gie à Gorcum et Buren, on se jette à sa suite au-delà du Waal, mais laglace n’est pas assez forte pour le transport de l’artillerie, les avant-gardes, aventurées sur la rive droite, se replient. Cependant une bri-gade traverse dans toute sa longueur l’île dont on vient de se rendremaître et elle tombe à revers par Texheede sur les lignes de Breda qu’onattaque de front à Hudenbosch; on les rompt, on les refoule dans Wil-liemstad et Gerlruydenberg. Le même jour, Grave bloqué depuis prèsde deux mois ouvrit enfin ses portes.

Walmoden avait déjà commencé à rétrograder. Rappelé par les Hol-landais, il revint sur la Linge dont on essaya de défendre le passage; unrenfort d’impériaux l’appuya en prenant position sur le canal de Paner-den. Mais l’armée du nord fut aussi renforcée par deux divisions que luienvoya Jourdan, et le froid, redoublant d’intensité, la mit en mesure dotenter une attaque générale.

Le centre poussa d’abord à Tliiel une reconnaissance dont l’effet futde faire plier toute la ligne ennemie qui se reforma derrière le Lcck;Walmoden réussit cependant à la faire revenir sur ses pas, mais il seheurta partout contre les colonnes de Pichegru qui avaient franchi leWaal à Parden, à Tliiel, à Kokerdum. Ce dernier mouvement en-traîna la dislocation de l’armée coalisée: les impériaux retournèrent à