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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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104 GUERRES DE LA REVOLUTION.

le temps de les rallier sur la Pfrim, tandis que le reste de l’armée impé-riale traversait Mayence et défilait sur la rive gauche du Rhin.

Lorsqu’elle y fut transportée tout entière, Clerfayt se mit en mesurede faire reculer l’armée de Rhin-et-Moselle, afin de donner à Wurmser la facilité d’assiéger Manheim , mais il devait en même temps se flanquercontre Jourdan. Hohenlohe, détaché à droite, avec deux divisions, cou-vrit la Nahe en occupant Stromberg, après quoi le gros des impériaux,renforcé par deux divisions de Wurmser (en tout 60,000), marcha contrePichegru . Celui-ci n’avait point profité des lenteurs de son adversairepour fortifier sa position : au lieu de lui opposer 60,000 hommes, il secontenta du renfort d’une division et il laissa dans Manheim 10,000hommes qu’on l’accusa d’avoir voulu sacrifier. Son armée ne s’élevaitpas au-delà de 35 ,000 hommes sur un front de y à 8 lieues, défendupar une étroite rivière. Clerfayt tâta cette ligne trop mince et n’eut pasde peine à en découvrir le côté faible. La gauche éprouvant une vive résis-tance à Pfedersheim et Monsheim, il porta son effort au centre qu’il rom-pit et dispersa. L’armée coupée en deux, se retira par les défilés des Vos-ges et par les routes de l’Alsace.

Dans la même journée Marceau, dont les postes s’étendaient à droitede Coblentz, renforcé d’une partie des fuyards de Mayence , attaqual’avant-garde de Hohenlohe et la chassa de Stromberg. Le prince ennemise hâta de lui opposer toutes ses forces, mais il ne put le contenir, et lesFrançais entrèrent l’épée à la main dans Kreutznach. Cette diversion sauvaPichegru d’une entière destruction. Clerfayt croyant que toute l’arméede Sambre-et-Meuse débouchait, s’arrêta et envoya 10,000 hommes à sonlieutenant. Il n’en fallut pas davantage pour replier Marceau, et Clerfayt,tenu jusque-là en suspens, reprit ses opérations contre l’armce de Rhin-et-Moselle ; mais il s’était affaibli; mais on avait gagné quelques jours etles Français se retirèrent en bon ordre à Kaiserslautern et sur le Speyer-bach , puis sur la Queich . Satisfait de les avoir refoulés dans les anciennespositions, Clerfayt suspendit sa poursuite et attendit l’issue du siège deManheim que Wurmser poussa vigoureusement. Montaigu, qui défen-dait la place, ne la rendit, malgré le feu terrible qu’elle essuya, qu’aprèsavoir épuisé ses munitions ; il capitula le 22 et la garnison fut faite pri-sonnière.

Aussitôt Wurmser passa le Rhin et se chargea de contenir Pichegru ,tandis que Clerfayt, retournant sur ses pas, se porta contre l’armée deSambre-et-Meuse, que Jourdan conduisait au secours de Manheim .

Marceau, vers Kreutznach, et Hatry, de l’autre côté du Rhin , n’a-vaient point cessé de harceler les généraux autrichiens; mais le feld-maréchal ne s’était nullement troublé des manœuvres sur la rive droite