CAMPAGNE DE 1796. 149
milieu du pont. Son exemple entraîne les moins résolus, on le suit têteLaissée, on touche aux termes de tant d’efforts, quand une forte colonned’impériaux se rue en masse sur les assaillans et les met en déroute. Bo-naparte lui-même est entraîné par les fuyards : déjà l'ennemi le débordeet va l’entourer lorsqu’on s’écrie : « Sauvons le général ! » La troupe fu-rieuse revient à la charge, déblaie le champ de bataille et le retire toutmeurtri d’un terrain fangeux où il avait été précipité.
Sur ces entrefaites, Guyeu avec une brigade, parvint à Albarc etprit à revers le poste si vivement disputé ; mais Alvinzy était en sûretéau-delà de l’Alpon, il avait perdu son importance, il ne fut point dé-fendu. « Il était 4 heures, Arcole n’était plus qu’un point intermédiaire« entre le front des deux armées; le matin il était sur les derrières de“ l’ennemi. L’armée impériale venait d’échapper à sa destruction;« toutefois de grands résultats avaient couronné cette journée. Caldiero « était évacué, Vérone délivré, deux divisions d’Alvinzy avaient été« défaites avec des pertes considérables; de nombreuses colonnes de« prisonniers, et grand nombre de trophées défilèrent au travers du« camp, et remplirent d’enthousiasme les soldats et les officiers.^» (Mé-moires de Napoléon.)
Le lendemain, sur la nouvelle que la division Vaubois conservait saposition, on repassa le pont de Ronco. Les impériaux occupaient Por-cil et Arcole et l’on se heurta de nouveau sur les digues. Selon la tacti-que qui avait si bien réussi à Augereau et Massena, on laissa aux en-nemis l’initiative; entraînés par l’espoir de pénétrer jusqu’à l’Adige ilschargèrent à plusieurs reprises, on les attendit chaque fois de piedferme, on les reçut à bout portant, on les fit reculer en leur faisant éprou-ver de grandes pertes. A la nuit on revint encore à Ronco. Joubert avaitperdu Rivoli et s’était replié sur Vaubois. Mais Davidowich craignantd’attirer sur ses bras Bonaparte et toute l’armée, manœuvrait avec uneextrême lenteur. On sut, le 17 au matin, qu’il n’avait pas attaqué Bus-solengo ; on pouvait donc sans hésitation retourner au combat sur lechamp de bataille si habilement choisi.
Cette fois Bonaparte résolut d’attirer encore Alvinzy sur les digues etde l’envelopper, en faisant filer Augereau sur Arcole par la rive gauchede l’Alpon. Tandis que ce dernier jetait un pont pour passer à Albare,Massena prit position sur la digue de Porcil, et une troisième colonnecommandée par Robert, s’avança sur la digue du pont d’Arcole. Les im-périaux profitèrent d’abord dcleursupériorité numérique, Masscnaplia, etRobert ayant été grièvement blessé, sa troupe fut repoussée jusqu’à l’A-dige , poursuivie par trois mille Croates qui marchaient en bon ordre. Lemoment était critique; quelques pas encore celte masse pouvait saisir le