156 GUERRES DE LA REVOLUTION.
tentées pour en faire le déblocus avaient désorganisé trois armées et coû-tèrentà l’Autriche plus de 60,000 hommes. Le feld-maréchal avait épuisétous ses approvisionnemens, toutes ses munitions; il avait fait tuer etsaler tous ses chevaux, dernière ressource pour alimenter sa nombreusegarnison.
Les Français entrèrent dans la place le 3 février. Serurier , qui avaitpresque constamment commandé le siège, eut la gloire de recevoir l’épéedes vaincus.
II.
Expédition contre le Pape.—Prise de Faenza (4 fév.).—Prise d’Ancône (9).—Traité deTolenlinoÇlp).
Après la victoire de Castiglione, les évènemens politiques prirent uneallure plus décidée dans le nord de l’Italie. L’état de Modène fit sa révo-lution , puis s’unissant aux villes de Reggio, Ferrare et Bologne , iladopta comme la Lombardie, la forme républicaine; on eut ainsi la ré-publique cispadane , comprenant le Milanais et le duché de Mantoue ,et la république transpadane composée des villes de la rive droite du Po.La cour de Rome, abattue par les défaites de Wurmser , ne put opposerque de sourdes intrigues à ces changemens qui menaçaient son existence.Mais au moment où Alvinzy et Provcra conçurent le projet de délivrerMantoue , et de jeter Wurmser avec 25 à 3o,ooo hommes au centre desÉtats-Romains, le pape mit lui-même une armée sur pied. Colli en pritle commandement, mais par malheur , elle entrait à peine en opérationslorsque les désastres des généraux autrichiens la livrèrent à la colère deBonaparte. A peine la capitulation de Mantoue est-elle signée qu’il cou-rut aux troupes papales, il les rencontra en avant de I’aenza, les poussaen désordre jusqu’à Ancône , où elles arrivèrent réduites de moitié et oùil acheva de les détruire. Après quoi il prit possession de cette impor-