168 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
tait le moment attendu par le prince pour attaquer à-la-f’ois par les troiscommunications.
Bonaparte déjoua ce dessein en prenant l’initiative par une de ces gran-des combinaisons dont le secret lui était donné. Un mouvement généralen avant fut prescrit à toute l’armée, de telle sorte que le centre ayantpénétré en Carinlhie, les autres divisions durent se grouper autour de cenoyau pour descendre cri masse le revers des Alpes cantiques, et dé-boucher dans la vallée du Danube .
Massena fut chargé de mener battant les postes impériaux jusqu’àTarvis et de s’y établir. Pendant ce temps Joubcrt à gauche, Bonaparte àdroite se mirent en devoir d’entrer de vive force dans le Tyrol et la Car-niole, de dégager les chemins transversaux qui font communiquer cesdeux provinces avec la Carinthic, et de se rabattre sur Massena. Kilmaine resta dans le Milanais avec les dépôts pour tenir en respect les Vénitiens,et assurer la retraite.
Sur tous les points, le succès fut complet; Massena (i 5 ,ooo hommes),renversa l’ennemi à Bcllune , à Cadore, tourna la Piave et s’empara descols de Pontcba à Tarvis; en même temps Jouhert (2 divisions 18,000hommes ), chassa du Tyrol Laudon et Kerpen , les battit à Saint-Mi-chel, à Clausen et à Mittenwald , écrasa les renforts qui commençaient àse présenter, rejeta Laudon près des sources de l’Adige, et Kerpen au-delà du Brenner; après quoi il quitta à Brixcn la route d’Inspruck et seporta par Lienz à Villach. Enfin Bonaparte (27,000 hommes, trois di-visions, Guyeu, Serurier, Bernadotte ), refoula devant lui l’archiduc,passa, sans coup férir, la Piave et déploya scs trois divisions sur leTagliamento que l’ennemi prétendait lui disputer. Bernadotte franchit lepremier celte rivière en s’écriant: «Soldats de l’armée de Sambrc-et-Meuse!l'armée d’Italie vous contemple! » La cavalerie impériale fit d’inutiles ef-forts pour l’empêcher de se former sur la rive gauche, l'armce entières’y établit, et poussa jusqu’à Pajma-Nova.
Cependant l’archiduc, pour arrêter cet élan dont les conséquencessont trop évidentes, tente un mouvement contre Massena , il ordonne àBayalilsch de gagner Tarvis en remontant la vallée de l’Isouzo, et lui-inêtne, abandonnant à une division la défense de la Carniole , se trans-porte par Laybach à Clagenfurth, d’où il se rabat aussi sur Tarvis. C’estle moment décisif: le général républicain va se maintenir dans scs po-sitions qui sont la clef de toute l’opération, ou se trouver pris entre deuxfeux.
L’archiduc l’aborde le premier, il réussit à s’emparer de Tarvis et semet en bataille hors de la ville, en attendant son lieutenant. Mais Mas-sena ne lui laisse point le temps de s'affermir, il tombe sur la ligne avec