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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1798.

guerre : la mort d’un seul officier suffit pour sauver Acre et pour donnerun autre cours à la fortune de Bonaparte .

Sur ces entrefaites, de nombreux rasseinblemens furent signalés à Na-blous et sur les bords du lac de Tabarieh. Junot, à la tête de 5oo hom-mes, poussant une reconnaissance en avant de Nazareth , se heurtacontre 3ooo Turcs. Il soutint vaillamment le choc et resta maître duchamp de bataille. Kleber accourut le renforcer avec 2000 baïonnettes;leurs troupes réunies eurent, contre 7 à 8000 ennemis, un second enga-gement où la victoire ne fut pas douteuse. Cependant le nombre crois-sant des ennemis indiquait une entreprise sérieuse. C’était en effet lepacha de Damas, Abdallah, qui se dirigeait le long du Jourdain à la tête de35 à 4o,ooo hommes. A ces nouvelles, Bonaparte se détacha du siègeavec la division Bon qu’il conduisit à Nazareth . Il reconnut que le pro-jet des Turcs était de seconcentrer à Nablous, au sommet des montagnesde la Palestine, et de déboucher sur la côte sur sa ligne de retraite. Dansleur marche, ils lui prêtaient le flanc , et il se mit en mesure de les rom-pre avant de leur laisser atteindre le lieu de rendez-vous.

Tandis qu’ils descendaient en pleine confiance la rive droite du Jour-dain , il envoya Murat à Safcd sur leurs derrières avec ordre de s’emparerdu pont de Jacob. Lui-même sortit de Nazareth pour prendre positionsur le mont Tabor. En couronnant cette hauteur, il aperçut dans laplaine Kleber aux prises avec toute l’armée turque.

Ce brave général avait entrepris de surprendre le camp d’Abdallah ;mais le pacha, prévenu à temps, s’était mis sous les armes et avait com-mencé l’attaque. Depuis six heures, 2 à 3ooo Français , comme d’ordi-naire formés en carré, contenaient une nuce de cavaliers et se défen-daient intrépidement, couverts par un rempart de cadavres. A cettevue, Bonaparte partagea sa division en deux carrés qu’il dirigea de ma-nière à enfermer l’ennemi dans un vaste triangle. Les soldats de Kleber,reconnaissant ces dispositions, firent entendre un cri de victoire. Bientôtles trois carrés vomirent un épouvantable feu et portèrent dans tous lessens de profondes atteintes à l’armée turque; en un clin-d’œil, elle se dé-banda, laissant sur le champ de bataille, son camp, ses bagages et unimmense butin. Le plus grand nombre s’enfuit par la route de Damas etse fit écraser au pont de Jacob par le détachement de Murat, d’autress’échappèrent en passant le Jourdain au-dessous du lacet en s’enfonçantdans le désert.

Une victoire si complète, si décisive, désorganisait pour long-tempsAbdallah. Kleber resta dans la vallée du Jourdain pour le surveiller , etBonaparte se rabattit sur la ville assiégée. Depuis son départ on avaitcontinué à employer la mine pour faire sauter la contrescarpe et la tour