m GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
hommes occupant Vérone etLegnago; il couvrait par un camp retranchéà Pastrigo les célèbres positions de Rivoli.
Comme Jourdan, Scherer avait subordouné son attaque au succès deMassena. Lorsqu’il sut l’action engagée sur les Hau tes-Alpes, il fit sesapprêts. Son but était d’ouvrir les routes du Tyrol, de porter à Trente ladivision Serurier pour y rallier Dcssolles, de prendre en flanc et à reversle cours de l’Adige et de forcer les Autrichiens à l’abandonner. Il devaitdonc avant tout enlever les redoutes de Pastringo cl les ponts de Polo,qui les liaient à la rive gauche du fleuve.
Son armée était composée de six divisions; il en prit trois et, au moyende vives démonstrations contre Vérone et Legnago, il tint l’ennemi enéchec. Pendant ce temps, Moreau avec le reste de la troupe, poussa uncamp et l’emporta après trois heures du combat le plus ardent. 4 ooomorts, 5ooo prisonniers, des canons, des drapeaux, furent le fruit decette glorieuse journée.
Mais l’armée d’Helvétie étant contenue à l’entrée du Voralbcrg, Des-solles n’avait pu s’avancer dans le Haut-Tyrol et toutes les dispositions deScherer portaient à faux. Ce général se résigna néanmoins ; il savait queles Russes , qu’un renfort d’impériaux, accouraient à marches forcées. Ilvoulut les prévenir; il reprit son attaque en la combinant de manière àenvelopper Vérone .
Avec ses trois divisions en colonne serrée, il se disposa à passer l’Adige entre Vérone et Legnano, et il ordonna à Moreau de déboucher par lesponts de Polo et de porter les premiers coups. Serurier ouvrit de ce côtéla marche, depuis trois ans il n’avait point quitté l’Adige . Ses vieillestroupes étaient familiarisées avec ce champ de bataille. Elles abordèrentles Autrichiens avec leur valeur accoutumée, les culbutèrent et s’étendi-rent jusqu’aux montagnes qui bordent la route de Vicence . Mais Kray,avertipar l’affaire du 26 ,s’était concentré à Vérone ; il fit sortir de la villetrois fortes colonnes, qui tombèrent sur la division française. Avant queScherer eût ouvert le feu et que Moreau fût en mesure de le soutenir, ellefut repoussée jusqu’aux ponts. On se pressa trop de les détruire, et laqueue de la colonne, forte de i5oo hommes, fut enlevée par l’ennemi.
Le lendemain de cet échec, le géuéral en chef, ayant rappelé Moreau,rangea toute l’armée de Villafranca à l’Adige , dans le dessein de forcer lepassage en se ruant en masse sur un seul point. Cependant, les Autri-chiens, enhardis par leur succès, débordant par Polo et Vérone , se déployè-rent jusqu’à Peschcira avec l’intention de prendre l’offensive. ^ *i • *
Leur but paraissant être de tourner la gauche de l’armée française etde 1 envelopper entre le Bas-Adige et le Pô, Scherer résolut aussi de li-vrer bataille.