Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
210
JPEG-Download
 

210 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

Ap rès'avoir arrêté une suite de démonstrations vers Mannheim , Kchl etBâle afin d’attirer toute l’attention de l’archiduc ; après s’être assure desdispositions de Schaffhouse, Stein, Constance et Rheineck ; après avoirordonné à Lecourbe ( 8000 hommes) de disputer pied à pied la vallée del’Inn; à Ménard (y/joo hommes) celle du Rhin et àThureau le Simplon,il se porta d’abord à Saint-Gall, puis à Zurich avec 6600 hommes, prêtà marcher au secours des points qui seraient le plus sérieusement me-nacés.

Ces dispositions furent secondées par les plans du cabinet aulique quicondamnèrent l’archiduc à rester dans l’inaction autour de Stoekach, enattendant l’arrivée de Korsakof et le résultat des opérations dans l’En-gadinc et les Grisons .

Ilotzc et Bcllegardc pesèrent donc seuls |sur l’année d’IIclvetie : lepremier avait pour but de déblayer la vallée du Haut-Rhin , l’autre cellede l’Inn. Séparés par le massif des Alpes Ilhétiennes, ils ne pouvaient con-certer leurs attaques à moins de se rendre entièrement maîtres du coursde Ml, de la Lanquart et de l’Albulapar où l’on descend de l’Engadincdans le Vorarlberg et les Grisons . Mais par la possession des postes deNauders, de Finstermünz et Zernetz, Lecourbe interceptait les com-munications à l’égard de Bellegardc, et Ménard, appuyé sur le fort de Lu-ciensteig, interdisait à Hotze le passage de la Lanquart .

Le premier soin des généraux ennemis devait donc être de faire recu-ler Lecourbe et c’était à Bellegardc de l’aborder. La lutte entre ces deuxnobles adversaires, engagée dans des gorges affreuses, sur des rochersréputés |inacccssibles, sur des sentiers couverts de glace jusque alors àpeine fréquentés par de hardis chasseurs , tint en suspens , durant unmois, deux grandes armées. Lecourbe était surtout doué du talent pro-pre à cette guerre de montagnes et il y déploya une admirable ténacité.Menacé sur son flanc droit par les postes de Suwarof, il fut forcé de déta-cher dans la vallée de l’Adda la brigade Loison. L’ennemi s’en prévalutet après de longs et sanglans efforts, Bellegarde parvint à s’emparer deNauders . Puis, à la suite de combats journaliers dont le succès fut alter-natif, il perça jusqu’à Zernetz .

On arrivait sur un terrain brûlant. Les Grisons , les petits cantonsnourrissaient contre l’armée française une haine profonde ; à l’approchedes impériaux ils coururent aux armes, et tandis que Bellegardc tentaitvainement d’enlever Zernetz, Hotze s’appuyant sur l’insurrection quiéclatait derrière Ménard, se porta contre Lueiensteig. Cependant desmilliers de paysans armés surgirent des vallons de l’Oberland,se répan-dirent du Saint-Gothard à l’Albula , aux lacs de Schwilz, de Lucerne ets’emparèrent de Rcichenau.