220 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
Thaï et prit position sur la haute Linth . Enfin, Lecourbe, par une suitede combats glorieux, déblaya le lac de Lucerne, la haute Reuss , se renditmaître du Saint-Gothard et rouvrit la communication avec Turreau queles détachemcns de Suwarof avaient refoulé dans le bas Valais . Ces suc-cès aggrandirent la ligne française qui eut alors pour appui le Siinplon,le Saint-Gothard, la Linth , le lac de Zurich, laLimath et le Rhin .
D’un autre côté, Muller, en attendant l’arrivée de Moreau,poussa au-delà du Rhin l’armée d’Allemagne, s’empara de Heidelberg, de Heilbronn et bloqua Philipsbourg.
Massena tenait le nœud de toutes les combinaisons, la saillie de la Suisse servait d’appui aux invasions de la Souabe et de l’Italie . On sentait quel’expédition de Hollande ne produirait aucun fruit, si on laissait les ar-mées françaises reprendre l’offensive en Allemagne et en Piémont . Onarrêta le plan d’une vaste manœuvre, dont le but était de contenir lesailes, de rompre et de faire reculer le centre.
Au midi, Mêlas reçut la mission de tenir tête à Championnct. Au nord,l’archiduc quitta la Suisse , afin de porter son centre sur sa droite, dedégager Philipsbourg et de rejeter Muller au-delà du Rhin . Mais, ce futcontre Massena que l’on dirigea l’attaque principale. Rorsakof sur lesbords de la Limath, Ilotze à l’autre pointe du lac de Zurich , Jellachieh etLinken à Glaris et Engi, devaient le tenir en échec, et Suwarof passerd’Italie en Suisse, pour déboucher sur ses derrières par le Saint-Gothard et la vallée de la Reuss .
A l’entrée en ligne du feld-maréchal, les autres corps avaient ordre d’at-taquer simultanément, de seporter concentriquement à sa rencontre en ten-dant à Scbwitz et Lucerne . Ainsi l’armée d’Helvétie, assaillie sur tout sonfront, eût été poussée pas à pas sur les baïonnettes russes qui se croisaientsur scs lignes de retraite. Ce plan la menaçait d’une entière destruction ;mais il renfermait des vices que Massena saisit avec autant de prompti-tude que de sagacité. D’abord, on avait substitué à l’archiduc, Rorsakofdans un camp devenu défensif, mutation périlleuse ; car on invitait l’ad-versaire à attaquer avant que les nouvelles troupes fussent familiariséesavec leur position. Ensuite, on avait subordonné le succès general à lajonction dans un moment donné des divisions de l’Helvétie avec Suwarof,qui avait à parcourir un terrain hérissé d’obstacles naturels et défendupar des soldats aguerris. C’était la même faute que le directoire avaitcommise au début de la campagne et qui avait eu des conséquences sidésastreuses. Elle ne fut pas moins funeste aux coalisés.