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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

française . Tout faisait pressentir un nouveau choc, mais Brune, ayantreçu des renforts, était en mesure de le recevoir.

Dundas s’avança en deux colonnes, l’une par Liinmeu, l’autre parAkersloot; mais cette dernière , ne trouvant point d’espace pour se dé-ployer, ne fut d’aucun poids dans les destinées de la journée. L’autre eutune plus grande importance; elle devait faire sa jonction à Kastricumavec Essen qui suivait la digue de Bergen . Si cette masse de forces eûtpu s’affermir et pousser en avant, le terrain s’élargissant, l’armée gallo-batave n’eût plus rencontré d’appui qu’à Bcverwyk. Kastricum étaitdonc la clef du champ de bataille; aussi le général français ne négligearien pour en rester maître. Pour ne point le laisser entourer, il divisa sagauche en deux colonnes, destinées à opérer offensivement le long du ri-vage et sur le sommet des dunes. Quant à sa droite, une brigade placéeà Uitgeest suffisait à paralyser la gauche de Dundas; une autre brigadeoccupa Limmen, s’appuyant aux étangs, et le reste de l’armée s’échelonnadéfensivement sur la digue de Bergen depuis Bakkum jusqu’à Bcvcnvyk.

Lorsque le feu commença, Dundas enleva Akersloot et Limmen; sagauche ne put dépasser Uitgeest , mais sa droite ne tarda pas à commu-niquer avec Essen qui de son côté avait emporté Bakkum. Us se disposè-rent ensemble à l’attaque de Kastricum. Toutefois le concours d’Alber-crombie, qui avait été replié et contenu dans Egmond, leur manquant,l’engagement du centre n’eut point, avec les autres scènes de la bataille,la liaison qui l’eût rendu décisif. Essen , après une longue résistance,enleva la position et poursuivit les Français jusqu’à Nord-Doorp; là,cux-ci trouvèrent des renforts et recommencèrent vigoureusement le com-bat. Enfin, Brune, laissant seulement deux bataillons pour maintenir lacommunication avec la brigade de l’extrême droite, concentra le reste déses troupes, aborda les Russes à la baïonnette, les rompit, les entassa dansKastricum et leur reprit ce village maison par maison. L’ennemi se reti-rait en désordre par les deux digues, lorsque Albercrombie, ayant dégagéune partie de sa gauche , intervint, rallia les fuyards, culbuta les avant-gardes françaises et livra un nouvel assaut au village déjà tantdisputé. Brune ne se laissa point surprendre; il vit la cavalerie ennemiese former en colonnes et manœuvrer pour tourner la position et tomberà revers sur sa ligne. C’était l’instant décisif : par une charge brillante,qu’il conduisit en personne, il arrêta le mouvement qui remettait enquestion le succès de la journée. La cavalerie se dispersa et l’infanterierecula jusqu’à Bakkum et Limmen. '

Cette bataille acharnée affaiblit les coalisés de 4ooo hommes et leur*ôta l’espoir de forcer l’armée gallo-batavc. Le duc d’York , convaincude l’inutilité d’un nouvel effort, se retira dans le Zyp ? et ouvrit des négo-