Buch 
Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
Entstehung
Seite
299
JPEG-Download
 

299

CAMPAGNE DE 1806-1807.

Groduo, et Soult, en se portant à grands pas à Cicchanow, acheva de leséparer des Russes . Ceux-ci, se voyant débordés à gauche par Lan nés,à droite par Soult, évacuèrent en toute hâte leurs retranchemens. Lesdivisions se mêlèrent, on sacrifia des bagages, de l’artillerie, et, ga-gnant ainsi de vitesse, on prévint les généraux français sur la Narew .

Eenningsen avait déjà rangé /jo,ooo hommes en avant de Pullusk, lors-que Lannes s’y présenta; mais le prince de Gallitzin (du corpsde Buxhœ-veden ), dont la droite était pressée par Augereau, fut obligé de fairevolte-face à Golymin avec 25,ooo hommes, pour soutenir le choc deDavout et de Murat. Une double bataille s’engagea dans ces positions,où les deux généraux russes étaient gravement compromis. Soult, con-tinuant à déborder Gallitzin,venait, au sortir de CiechanosV, de se jeterdans des chemins de traverse pour percer jusqu’à Makow et pénétrer lepremier sur la Narew . Mais il dégelait, le sol naturellement fangeux étaittellement détrempé, que le 4" corps, n’ayant pu vaincre les difficultés duterrain, arriva trop tard. Les ennemis n’eurent contre eux que les chan-ces ordinaires des armes.

Lannes, soutenu à gauche par une division de Davout , était encorede moitié moindre que son adversaire; mais on ne comptait plus et iln’hésita pas à ordonner l’attaque. Le combat se soutint jusqu’à la nuitsans avantage décidé. Cependant, les Russes perdirent plus de 5ooo hom-mes, et les Français n’eurent que 6 à yoo morts et i5oo blessés. Benning-sen ne crut point devoir hasarder une seconde bataille, il profita del’obscurité pour passer la Narew , abandonnant 12 pièces de canon etquantité de bagages.

A Golymin, on était d’abord à nombre égal. Les Russes étaient postésdans le village et dans les bois qui l’environnent. L’infanterie de Davout les chassa pied à pied et finit par les entasser dans le village. A ce mo-ment, Augereau approchait, et, si l’on eût pu saisir la route de Pulstuck,ils eussent été enveloppés. Davout l’essaya, il détacha sur sa droite unebrigade de dragons pour leur couper la retraite; mais les chevaux s’em-barrassèrent dans un terrain marécageux, une nuée de tirailleurs les arrêta,la manœuvre manqua et l’ennemi se hâta de se retirer par la seule ou-verture qui lui restât. Il prévint Soult à Makow, d’où il gagna Ostrolenka .

Le même jour, Ney rejeta définitivement Lestocq sur la route de Kœ-nigsberg. Ce général avait fait un dernier effort pour renouer par Sol-dar la communication avec les Russes; le 6' corps déjoua ce dessein, re-poussa toutes ses attaques, lui prit des drapeaux, du canon, et le pour-suivit jusqu’à Djanow.

L’armee coalisée, affaiblie de plus de 10,000 hommes, était désormaisséparée en trois corps, et la grande-armée avait réussi à se concentrer