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CAMPAGNE DE 1806-1807.
tout-à-coup une nouvelle barrière. Mais Ney, soutenu par Dupont ( duI er corps), renverse tous les obstacles et perce jusque dans la ville aumilieu d’un effroyable carnage. 11 traverse ses rues en flammes; enlin, ilse rend maître du pont qui est incendié.
Cependant, Mortier et Lannes poussaient pied à pied le centre et ladroite des Russes, qui se rapprochaient de Friedland , croyant encoretrouver le passage libre. Lorsque les troupes apprirent que la gauche étaitdétruite et la ville occupée, elles se mirent dans le plus affreux désordre.Les uns, en cherchant à se frayer une route, se firent écraser ; d’autresse noyèrent; d’autres, se précipitant vers un gué qu’on leur indiqua,s’échappèrent en sacrifiant bagages et artillerie. Les Russes avaient doncaussi trouvé leur Iéna : ils s’enfuirent pêle-mêle jusqu’à Tilsitt, affaiblis de25,ooo hommes. La perle des Français fut de i5oo morts et 4 à 5oooblessés. Dans la même journée, le grand détachement de la gauche res-serra dans Kœnigsberg Lestocq, renforcé par Kamenskoi (25,ooo). Cesgénéraux se mirent en défense; on les canonna le lendemain, et le it>on sut, qu’à la nouvelle du désastre de Friedland, ils s’étaient retirés.Soult prit aussitôt possession de la ville. Trois jours après, la grande-armée était déployée sur leNiemen. De son côté, Massena avait pousséFssen jusqu’à Byalistock, et l’on était maître de porter la guerre au soinde l’empire russe , quand s’ouvrirent les négociations qui amenèrent leglorieux traité de Tilsitt.
Le blocus continental, les royaumes de Hollande, de Saxe, celui deWestpbalie (formé au profit de Jérôme Napoléon , d’une partie des dé-pouilles de la Prusse, du Hanovre et de la Hesse électorale ), furent re-connus. L’empereur reçut le titre de protecteur de la Confédération duRhin, que la création du grand-duché de Varsovie étendit jusqu’auxfrontières Russes .
La guerre avait duré neuf mois ; pendant ce court intervalle, l’empe-reur prenant pour point de départ Strasbourg , pour appuis la place deForeheim sur la Rednitz et le fort de Kronach au-delà du Mein, avaittourné le Weser, première ligne de défense des états du nord. L’anéan-tissement de l’armée prussienne en deçà de l’Elbe , lui avait livré cetteseconde ligne sur laquelle il s’était aussitôt affermi par l’occupation deMagdebourg et l’alliance de la Saxe. La terreur de ses armes avait faittomber les places du Bas-Oder, et lui avait permis de tenter la conquêtedécollés du Haut-Oder (Silésie ) avec un corps d’armée à peine suffisant,pour investir régulièrement l’une d’elles. Maître de Glogau , Stettin , Cus-trin, il n’avait point hésité à se porter vers la Vistule , Là, les fortificationsde Thorn, Modlin et Praga lui avaient servi de base pour couvrir lesiège de Dantzig , et après la prise de cette grande forteresse, il lui avait