CAMPAGNE DE 1808.
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sur Almcida. L’exemple gagna Coïmbrc, les Àlgarves, coururent auxarmes; Lisbonne même s’agita violemment, et Junot sentit la nécessité des’y concentrer. Le soulèvement de l’Alcntejo survint, qui menaça d’en-traîner la capitale, il fallut agir avec vigueur. Loison ( 4 ooo), à peine deretour de sa pénible excursion dans le Beira, fut appelé sur la rive gaucheduTage. Il marcha sur Evora, défit un secours espagnol et enleva la ville;mais l’apparition des troupes britanniques rendit ce succès inutile. Lejour même de la prise d’Evora , une première division anglaise, forte dei 3 , 3 oo hommes, 200 chevaux et 18 canons, prit terre dans la petitebaie du Mondego, commandée par Arthur Wellesley , si célèbre depuissous le titre de duc de Wellington. Elle était suivie de deux autres corpsque l’on attendait d’un instant à l’autre, sous les ordres de John Mooreet de Dalrymple, à qui l’ancienneté donnait le commandement en chef.Le total de l’armée était d’environ 35 ,000 hommes.
Junot ne pouvait se sauver qu’en écrasant Wellington avant le débar-quement des autres divisions. Mais la dispersion de ses troupes et la né-cessité de contenir Lisbonne, ne lui permirent pas d’aborder les Anglais ,avec la supériorité du nombre. Loison se hâta de gagner Abrantès , où ilarriva le 9 août. Trois jours avant, Delaborde était sorti de Lisbonne avec5 ooo hommes. Ces deux généraux remontèrent ensemble au nord,l’un encôtoyant le rivage, l’autre en marchant sur Coïmbre , où était réunie lafoule des insurgés. J^eur double mouvement avait pour but d’empêcherla jonction des Anglais et des levées portugaises. Il eut pour effet de sé-parer les deux colonnes françaises qui furent paralysées. Loison, entourépar la masse des habitans, ne put que battre en retraite, et Delabordese heurta sur les hauteurs de Rorissa contre des forces triples. Wellington,impatient de se signaler avant l’arrivée de ses supérieurs, s’était mis enmarche sans trop se soucier des troupes portugaises dont il n’avait tiréque 1 4 à. 1 5 oo hommes. Delaborde, forcé de reculer, le fit avecgloire. Déployé sur des collines qui dominent le pays, il obligea les An-glais à manœuvrer sur ses ailes pour le tourner, et il gagna le temps dese retirer dans une position plus forte, où il soutint le choc pendant qua-tre heures, comptant toujours que Loison accourrait au bruit du combat.Lorsqu’il eut perdu cette espérance, il continua à se retirer pied à pied.Tous deux se réunirent à Junot dans les lignes de Torrcs Yedras, retran-chcmens naturels qui étreignent Lisbonne . Déduction faite des garnisons,le général en chef n’avait en ligne que 12,000 hommes et i5oo chevaux.Les Anglais étaient 18,000, et l’on savait que Moore venait de débar-quer avec 11,000 hommes. Il n’y avait pas un moment à perdre pourbrusquer l’attaque contre Wellington. On s’y porta, on le trouva rangésur une chaîne de mamelons qui eucaissent la Maceira, petite rivière sur