CAMPAGNE DE 1808 ET 1809 . 339
Galluzo fit occuper les débouchés des ponts. Mais de peur de laisser àscs colonnes le temps de se fortifier et de recevoir des renforts, Lefebvreengagea une suite d’attaques depuis le pont de l’Arzobispo jusqu’à Al-maraz. L’ennemi plia_, poursuivi et harcelé jusqu’à Merida.
Le duc de l’Infantado voulut aussi s’appuyer au Tage et refouler surAranjuez les avant-postes du premier corps qui se répandaient sur la rivegauche. Yictor le prévint. A la tête de 16,000 hommes, il déboucha parOcana. Là, pour surprendre par une marche de flanc l’ennemi qui ma-nœuvrait sur la route de Cuenca à Madrid , il forma ses divisions en deuxcolonnes parallèles et les poussa par Tarancon à-la-fois, à Uclez sur lefront, à Alcazar sur les derrières des deux premières divisions espagno-les (16,000). Celles-ci, rompues sur tous les points, se dispersèrent etfurent presque anéanties. Le duc de l’Infantado, avec les troupes quin’avaient point combattu, rentra dans le royaume de Valence.
Cette victoire décida Joseph à faire dans Madrid son entrée, qu’il avaitjusque-là différée. Il y eut alors deux gouvernemens : l’un maître de lacapitale, fort de l’appui de 200,000 Français ; mais sans ressources natio-nales, sans revenus, sans autre assentiment que des démonstrations of-ciclles arrachées par la nécessité, l’autre investi de la toute-puissance quedonnent l’amour de l’indépendance et l’énergie d’un grand peuple.
Joseph put à peine former quelques régimens; les juntes insurrection-nelles obéies partout où les Français 11’étaient pas en forces, enrichiespar les subsides de l’Angleterre, par les impôts des provinces continen-tales et de l’Amérique , continuèrent à mettre sur pied et à organiser desarmées.
Toutefois, ces armées étaient pour quelque temps hors de combat. Ce-pendant, l’année française, commandée en chef par le nouveau roi, dontJourdan était major-général, continua ses opérations contre l’Angleterre.