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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 1809.

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puis, opposant Victor (14,000) aux troupes qui s’étaient déjà transpor-tées sur la rive droite, il déborda sur l’autre rive, à la tête de 34,000hommes.

L’Espagnol à son tour battit en retraite jusqu’à Ocana, où il prit posi-tion, la droite couverte par un ravin profond, le centre s’appuyant laville et la gauche à un bourg populeux. Soult courut au combat qui nefut ni long, ni douteux. Son adversaire ne profita ni du nombre, ni duterrain, sa cavalerie était placée en seconde ligne, de manière à ne pou-voir se déployer et, comme s’il n’eut aucune mesure à prendre pendantl’action ; il monta au clocher de la ville et se réduisit au rôle de specta-teur inerte. La gauche des Français éprouva d’abord quelques difficultésà se former au-delà du ravin, elle fut repliée, mais, soutenue par desrenforts, elle revint à l’assaut, enleva les hauteurs et frappa d’une tellestupeur l’armée ennemie, privée d’ailleurs des ordres de son général,qu’en un instant, elle lâcha pied, abandonnant artillerie, drapeaux,bagages et 3 o,ooo prisonniers. Le peu d’hommes qui garda ses rangsrentra en Andalousie . Albuqucrque entraîné, se retira du Tage àTruxilloet d’El-Parque, qui avait dépassé le Tormès, se mit à reculer en dé-sordre. Atteint au pont d’Alba par le 6" corps, il fut culbuté, perdit3 ooo hommes, ses bagages, ses canons, et 11e ramena que des débris àCiudad-Rodrigo .

Les mêmes fautes qui avaient jusque-là fait échouer les plans de lajunte, s’étaient encore reproduites. Il manquait toujours à cette assem-blée le pouvoir dictatorial qui seul pouvait l’élever au-dessus des intri-gues et des mesquines rivalités. Scs généraux, comme ceux d’une cour,étaient des favoris dont l’inhabileté rendit inutile l’exaltation du soldat.

Ce ne fut que dans la défense des places et dans les expéditions desGuérilleros que le caractère national eut le champ libre, et que le pre-mier titre au commandement fut une supériorité de talens et de valeur.Des sièges meurtriers et l’audace des partisans minèrent la force desvainqueurs et compensèrent presque les déroutes qu’essuyaient les troupesrégulières. Les deux Mina dans les provinces basques; el Empecinado ,dans la nouvelle Castille; el Pastor, en Aragon ; el Cocinero, el Capucino,el Albuelo, el Medico,el Cura, cl Marquesito firent plus de mal auxFrançais dans leurs expéditions que les batailles rangées. La Catalogne et l’Aragon furent les principaux théâtres de ces scènes sanglantes.