hU 6 GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
taient de rejeter les débris de l’armée de Portugal au-delà des Pyré-nées; les corps d’Andalousie, de Valence, de Catalogne n’avaientplus qu’à gagner précipitamment Perpignan ; la Péninsule entière étaitdélivrée. Mais ce château tint bon : l’immortello résistance de Du-breton mit encore une fois en question la fortune du général anglais .Pendant 35 jours, 1800 Français renfermés dans un vieux donjon revêtud’une double ligne de redoutes, bravèrent l’effort de 3 o,ooo hommes.Quatre mines, cinq assauts, des privations cruelles, rien ne les émut,et ils eurent la joie de voir les assiégeans lâcher prise, chassés par lesmouvemens combinés de Souham et de Soult.
Le premier, ayant rallié les deux divisions de la jeune garde et réor-ganisé i’armée, arriva sous Burgos, comme les Anglais effectuaient leurretraite. Il les poursuivit, l’épée dans les reins, en débordant leurgauche et les mena battant jusqu’à Tordesillas où il fit halte pour prépa-rer sa jonction avec les armées du midi et du centre. Celles-ci, cependant,s’attachant aux pas de Hill, traversèrent rapidement Valdemoro , Puente-Tosamo, Arevallo, se mirent en communication avec Souham par Medi-na-del-Campo , et jetèrent des avant-postes jusqu’à la Tormès, où ellesreconnurent l’ennemi en position sur la rive droite, depuis Alba jusqu’àSalamanque . Soult combina l’attaque générale de manière à le tournerpar la droite et à engager l’action sur le champ de bataille des Ara-piles. Souham se porta sur Alba, les deux autres colonnes, appuyantà gauche, surprirent le passage de la rivière, au-dessus de cetteville.
Ce mouvement échappa au général ennemi. Les trois armées défilèrentsans opposition sur la rive gauche et se déployèrent par la gauche , commel’avait fait Marmont, dans le dessein d’intercepter la route de Ciudad-Rodrigo . Ces dispositions, prises au milieu d’un brouillard épai9, consu*mèrent presque toute la journée. Vers le soir, on allait commencer le feulorsque éclata un violent orage qui condamna les Français à l’inaction etdont les Anglais profitèrent pour s’éloigner. On les poursuivit pendanttrois jours sans pouvoir les contraindre à faire volte-face, et le seul fruitde ces marches habiles fut quelques milliers de prisonniers , outre unequantité considérable de bagages. Les alliés regagnèrent leur camp entrel’Agueda et la Coa, puis, de part et d’autre, on se répandit dans sesquartiers d’hiver.
Après le départ de Joseph, les Français resserrèrent leurs position*dans le royaume de Valence, occupèrent fortement San-Felippe et setinrent sur la défensive. Les Anglais crurent mettre la circonstânce àprofit pour s’emparer de Dénia ; ils jetèrent sur la côte, près de cetteville, 1200 hommes qui s’avancèrent jusqu’aux remparts et sommèrent