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Tableau des guerres de la révolution de 1792 à 1815 / par P.G. [Paul Gayant], ancien élève de l'Ecole Polytechnique
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CAMPAGNE DE 18U. 491

et les réserves ( 35 ,ooo) en deçà de Langres. L’armée de Silésie avaiten première ligne, sous le général Blucher, vers Vassy et Montiérender,Sacken (16,000), Alsusicf (9000) et i 5 ,ooo hommes de cavalerie; en se-conde ligne York ( 35 ,000) qui, après avoir été relevé autour des placesde la Moselle, se portait de Bur-sur-ürnain à Saint-Dizier, . lié avecles corps précédens par la division russe de Landskoi (6000) postée àSaint-Dizier pour l’attendre.

Le lendemain de son arrivée, l'empereur, au sortir de Vitry , abordale point le plus dégarni de la ligne ennemie. Landskoi ne résista pasau choc. Chassé de Saint-Dizier trop brusquement pour rallier Blucher à Vassy , il se replia sur Joinville. On apprit alors l’état des choses: on sutque Sackcn et Alsuficf prolongeaient leur inarche sur Briennc; queMortier avait pris position à Troyes ; que, d’un autre côté, l’avant-gardede Macdonald avait relevé aux défilés de l’Argonne, Ricard ( 35 oo du6 e corps) qui accourait à Vitry pour se porter sur la Voire. Par le dou*ble mouvement de Napoléon sur Saint-Dizier et de Blucher sur Brienne,l’année de Silésie et l’année française étaient l’une et l’autre coupées endeux parties. J^a colonne qu’on venait de porter de Vitry à Saint-Dizier pouvait tomber sur York, sur les corps en marche pour le rejoindre, lesrejeter au-delà des places fortes. Mais ce succès, décisif si on l’eût ob-tenu sur l’armée de Silésie éntière, en la saisissant à son point de jonctionavec Schwarzenberg, n’eût plus suffi pour imposer aüx masses énormesconcentrées sur l’Aube . Elles eussent continué à se porter en avant etl’on eût été définitivement séparé de Mortier. Il était donc nécessairede recourir à d’autres combinaisons.

Napoléon n’hésita pas : il abandonna sa ligne d’opération, donnal’ordre à Macdonald d’accourir à Châlons , de tenir tète aux Prussiensd’York, de couvrir la retraite du grand parc; puis, masquant son mou-vement en détachant Marmont sur les routes de Joinville et de Bar-sur-Ornain , il se jeta avec Victor, Ncy, Oudinot, dans la traverse de Mon-tiérender. Son but était de gagner la chaussée de Brienne, de surprendrepar le flanc les colonnes de Bluclier, ou, au pis aller, de s’assurer dupont de Lesmont, afin de rejoindre, par Piney, le corps de Mortier, et des’opposer de front aux progrès de la grande armée ennemie. Pendantque son armée s’enfoncait dans la forêt, de Der, Landskoi rejoignitBlucher à Brienne par Doulevent et Soulaines, Sacken courut à Les-mont pour détruire le pont. York croyant Bar-sur-Oruain fortementoccupé, fit un détour en remontant la Meuse pour gagner Saint-Di-zier . Enfin Schwarzenberg, dans l’attente des coups que présageait laprésence do l’empereur, donna ordre à de Wrède et à Wittgenstein defaire halte à Joinville pour couvrir la route de Chaumont . Lui-