DES ARBRES FORESTIERS.
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Il est des contrées où le hêtre, et plus encore lefrêne et l’orme, malgré leurs excellentes qualités,sont sans valeur, à cause de leur éloignement desroutes et rivières, comme de toute population ; cetlecause en rend le débit impossible, les fraisde transport absorbant tout le bénéfice qu’on enpourrait tirer.
Mais, quelque éloigné qu’on soit des rivières navi-gables, des grandes routes ou des grands vignobles,on ne sera jamais embarrassé du chêne ayant seule-ment quatre pieds de tour (1 mètre 33 centimètres),parceque les produits en sont tellement précieux qu’onpeut en tirer une assez grande valeur pour supporterdes frais considérables de transport, notamment enlattes et merrains. Nos provinces méridionaless’approvisionnaient autrefois de merrains provenantd’Amérique, et des bords de la Baltique ; maintenantnous en recevons de la Dalmatie et des Calabres .
Le hêtre, comme chauffage, est ce qu’il y a de plusagréable. Ce bois n’a que le défaut de brûler trop bien.
Lorsque, par sa position et son éloignementdes débouchés, il est sans valeur, c’est le cas dele laisser croître en vieille futaie de 120 à 150 ans,et d’avoir soin d’en conserver des masses assez impor-tantes pour qu’elles puissent, à la suite des temps,produire des exploitations industrielles sur unegrande échelle, même des constructions de ruisseauxet rivières de flottage en trains ; travaux auxquels onne peut songer que lorsqu’il y a des quantités de boisassez grandes pour en supporter les frais.