CHAPITRE XVI.
DES AGENTS FORESTIERS ET DE LEURS DEVOIRS.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
Écoutez un vieux forestier, bien entiché des or-donnances de nos premiers rois et des vieilles rou-tines : la science forestière est la pierre philosophale,et ne peut entrer que dans de fortes têtes. Cependant,pour nous, qui avons une longue expérience dansl’administration et culture des bois, nous croyons avoirdémontré, au contraire, que c’est simplement une opé-ration d’exécution, qui n’exige qu’un peu de pratique,et qu’enlin la culture des forêts est la plus facile detoutes et la moins dispendieuse; qu’il n’est même pasde profession plus douce, plus agréable, puisqu’elles’exerce en se promenant, en chassant, sans fatigued’es-prit, et qu’on en prend à loisir même, sans perdre devue son clocher. Néanmoins, si un vétéran forestiervous raconte ses peines et ses mérites, il ne manquerapas d’attribuer sa décrépitude ainsi que toutes ses in-firmités aux rudes travaux du métier, au lieu de lesattribuer à l’âge, à l’intempérance souvent : ce sont destitres qu’il se fait, particulièrement au moment de saretraite ; c’est une gloire qu’il se crée, et, dans ce sys-tème, il se plaît presque toujours à soutenir que, s’il